Les 12 et 13 décembre dernier, se sont tenues les 127e et 128e sessions des Conseils d’administration du Port Autonome de Douala (PAD). Le communiqué rendu public à l’issue de ces travaux, et signé par Shey Jones YEMBE, indiquait les grandes lignes du budget de l’entreprise pour l’exercice 2026.
Il en ressort que pour le prochain exercice budgétaire, le PAD table sur des recettes d’un peu plus de 122,064 milliards de FCFA, et prévoit des dépenses qui passeront d’un peu plus de 139,810 milliards de FCFA (en 2025) à un peu plus de 121,511 milliards de FCFA pour l’exercice 2026.
A lire : Le Port Autonome de Douala table sur des recettes de plus de 122,064 milliards de FCFA en 2026
Situation budgétaire
Il convient, en premier lieu, de rappeler un principe fondamental de gestion : le budget d’une entreprise est par nature équilibré, en recettes et en dépenses (d’investissement et de fonctionnement). Le solde budgétaire, ou l’écart apparent entre recettes et dépenses, ne constitue pas un indicateur de performance financière, encore moins un critère de faillite. La performance réelle d’une entreprise s’apprécie à travers ses états financiers (compte de résultat, bilan, flux de trésorerie), et non à partir d’une lecture isolée d’un budget prévisionnel.
L’analyse des résultats financiers des cinq derniers exercices démontre que le PAD a non seulement consolidé sa position, mais renforcé durablement sa solidité économique. Avec un chiffre d’affaires en progression, passant de 65,6 milliards FCFA en 2020 à 72 milliards FCFA en 2022, traduisant la résilience de l’activité portuaire malgré les fluctuations du trafic et le contexte économique international.

Ajouté à cela, un Excédent Brut d’Exploitation (EBE) en nette amélioration, de 16,7 milliards FCFA en 2020 à 18,2 milliards FCFA en 2024, soit une hausse de 9 %, illustrant une meilleure maîtrise des charges et une efficacité opérationnelle renforcée. Des capitaux propres en forte croissance, de 83,8 milliards FCFA en 2020 à 190,6 milliards FCFA en 2024 (+127 %), signe d’un renforcement significatif de la structure financière et de l’autonomie du PAD.
Ces indicateurs traduisent clairement une entreprise solvable, performante et structurellement solide, à l’opposé de toute situation de faillite, comme on peut le lire dans plusieurs publications de ces derniers jours.
Réalisations
Plusieurs facteurs peuvent justifier cette dynamique financière. En premier lieu, l’évolution de ses actifs. Les immobilisations ont plus que doublé, passant de 119 milliards FCFA en 2020 à 272 milliards FCFA en 2024 (+128 %), preuve d’une politique d’investissement soutenue et cohérente.
Par ailleurs, plusieurs projets structurants ont été réalisés ou sont en cours de réalisation. Parmi ceux-ci, le projet de sécurisation du Port de Douala-Bonabéri, avec la mise en place d’un système biométrique et de vidéosurveillance conforme au Code ISPS.

L’acquisition de deux remorqueurs modernes ASD 2811 (60 TBP) auprès de Damen Shipyards, renforçant significativement les capacités opérationnelles ; le développement de la Régie Déléguée du Dragage, permettant de réduire de plus de deux tiers le coût annuel d’entretien du chenal ; la réhabilitation de 20 km de voies ferrées et l’extension de 30 km de voiries internes, améliorant la fluidité logistique et la connectivité portuaire ; l’extension de plusieurs terminaux spécialisés (conteneurs, minéraliers, etc.), en faveur de la diversification et de la compétitivité ; et le projet de Zone Industrialo-Portuaire de la Dibamba (DDIP), développé avec Arise IIP sur 500 hectares, pour un investissement estimé à 230 milliards FCFA, destiné à renforcer l’attractivité industrielle du Cameroun.
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L’ensemble de ces actions s’inscrit dans un schéma directeur de développement à l’horizon 2050, visant à : accroître les capacités portuaires, fluidifier la chaîne logistique, et conforter le Port de Douala-Bonabéri dans son rôle de hub portuaire régional de référence.
Ces faits démontrent que le Port Autonome de Douala est loin de toute situation de faillite. Il s’agit au contraire d’une entreprise publique financièrement solide, en pleine modernisation et tournée vers l’avenir, dont les performances reposent sur des indicateurs vérifiables et des investissements structurants au service de l’économie nationale.






































