Depuis près d’une semaine, l’échange de missiles entre l’Iran, les Etats-Unis et Israël captive les camerounais. Si pour l’heure, cette énième attaque des Etats-Unis sur l’Iran (après le Vénézuéla et le Nigéria) semble loin des camerounais, d’autres bombes, plus économiques, pourraient frapper le pays de plein fouet.
Selon une infographie réalisée par PAKAZURE (une IA développée par le Port Autonome de Kribi), le blocage du trafic au détroit d’Ormuz (par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial), commence déjà à avoir des conséquences lourdes sur le trafic maritime mondial en général, et sur le Cameroun en particulier.

Depuis sa fermeture, le trafic maritime a chuté de 70 %. Trois tankers ont été attaqués, un marin a été tué. Et depuis lors, les assureurs ont annulé la couverture « war risk » dans le Golfe persique, aggravant l’incertitude pour les principaux armateurs (Maersk, CMA CGM, MSC, Hapag-Lloyd) qui ont décidé d’interrompre leurs traversées. Les navires sont contraints de contourner l’Afrique, rallongeant les délais de 10 à 15 jours et augmentant les coûts logistiques.
Choc pétrolier
Le blocage du détroit d’Ormuz, principal corridor mondial pour le transport du pétrole, ne se limite pas à une crise régionale. L’infographie réalisée par Pakazure met en lumière les fractures géopolitiques et économiques que ce type de perturbation provoque, en particulier pour l’Inde et l’Afrique.
L’Inde, fortement dépendante des importations de pétrole transitant par Hormuz, subit un choc immédiat, avec 14 milliards de dollars de pertes financières liées à l’augmentation des coûts d’importation ; une hausse de 50 % des coûts de transit ; une chute brutale de la bourse (Sensex), avec près de 95 milliards de dollars de capitalisation effacés.

Les secteurs les plus touchés : aviation, raffinage, ports & logistique, technologies et engrais, tous en recul de 6 %.
Le prix du baril a brutalement grimpé, allant de 70 dollars avant le conflit à plus de 82 dollars lors du pic de trading, soit une hausse de 17,6 %. Les projections évoquent un baril à 100 dollars en cas de fermeture prolongée, voire 120 à 200 dollars si le blocage persiste.
Cameroun
Pour l’heure, aucune donnée sur l’impact de la crise au Cameroun n’est disponible. Mais selon PAKAZURE, le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont d’ores et déjà les grands perdants de cette crise. Pays importateurs pétrole, ils subissent une flambée des coûts de carburant et une inflation accrue. Les pays producteurs (Nigeria, Angola, Algérie, Libye, Gabon) devraient par contre tirer profit de la hausse des prix du brut.

Pour avoir une idée de ce que pourrait coûter la crise aux pays africains coimme le Cameroun, PAKAZURE prend le cas emblématique de l’Égypte, dont le Canal de Suez voit ses revenus stoppés de plus de 75 %, soit une perte estimée à 7 milliards de dollars (environ 3 947,902 milliards de FCFA). Dans d’autres pays comme la Tanzanie et le Kenya, subissent déjà de plein fouet les conséquences de cette crise, avec une hausse des prix du carburant.
Des perturbations dans les engrais et le fret, avec une augmentation du coût des céréales et produits manufacturés ; le reroutage des navires via le Cap de Bonne-Espérance, avec un rallongement des délais de 10 à 15 jours pourraient compliquer la situation.








































