Carte rose CEMAC : Un immeuble-siège de 2,5 milliards pour renforcer la mobilité et protéger les transporteurs

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Nouvel immeuble-siège du Bureau national de la carte rose CEMAC

Le Ministre des Finances Louis Paul Motaze a inauguré ce 3 décembre 2025 à Douala le nouvel immeuble du Bureau national de la carte rose CEMAC, un investissement de 2,5 milliards de FCFA destiné à sécuriser les déplacements transfrontaliers et améliorer l’indemnisation des victimes d’accidents impliquant des conducteurs étrangers.

Outil stratégique de la libre circulation en Afrique centrale, la carte rose permet aux automobilistes notamment les transporteurs d’être couverts dans les six pays de la CEMAC avec une seule assurance. Mais la montée des fraudes, la lenteur des procédures et le volume croissant des sinistres transfrontaliers rendaient nécessaire un renforcement

Le nouvel immeuble du Bureau national de la carte rose CEMAC (BNCR-CEMAC) à Douala est désormais opérationnel. Inauguré par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, en présence du gouverneur du Littoral Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, du préfet du Wouri Sylvestre Marie Mvogo et du secrétaire permanent Pierre Didier Ngoumou, l’édifice représente un investissement global de 2,5 milliards de FCFA.

Selon le ministre, ce bâtiment n’est pas un simple siège administratif mais un lieu de souveraineté, conçu pour protéger les victimes et garantir la stabilité du système d’assurance communautaire. « Dans les situations de détresse, ce lieu doit être le premier recours, l’endroit où l’État se matérialise et où la solidarité communautaire se concrétise », a rappelé Louis Paul Motaze.

Pour les transporteurs, principaux utilisateurs des corridors CEMAC, cet outil revêt une importance majeure. La carte rose permet à un chauffeur assuré dans son pays de circuler librement au Cameroun, au Gabon, au Congo, en RCA, au Tchad ou en Guinée équatoriale sans souscrire une nouvelle assurance à chaque frontière. « Une seule attestation domine l’espace communautaire et protège les citoyens », a insisté le ministre, rappelant que le dispositif est en vigueur depuis 1996.

Richard Lowe, président du groupe Activa, a souligné que la carte rose est « un système d’intégration destiné à couvrir la responsabilité civile des conducteurs transfrontaliers ». Il précise que ce mécanisme garantit qu’un accident causé par un camion camerounais au Gabon ou en Guinée soit indemnisé grâce à son assureur au Cameroun, et inversement.

Cette continuité de couverture est essentielle pour le transport routier, pilier des échanges dans la zone CEMAC. « C’est ce système qui permet aux chauffeurs de voyager sans souci pour seulement 1 000 FCFA, et assure que la responsabilité suit toujours le conducteur quel que soit le pays », explique l’assureur.

Le secrétaire permanent, Pierre Didier Ngoumou, a pour sa part détaillé les défis rencontrés : pièces falsifiées, faux rapports médicaux, procédures judiciaires dupliquées, dossiers montés par de pseudo-victimes. Autant de dérives qui ralentissent l’indemnisation et alourdissent les charges des transporteurs et des assureurs.

Il insiste sur les nouvelles mesures : vérification systématique des identités, expertise médicale contrôlée, veille judiciaire, et coopération plus étroite avec la police, la justice et les services de santé. Plusieurs réformes sont déjà lancées, dont un contrôle plus strict pour « éviter les paiements indus ».

Le ministre a rappelé que le BNCR-CEMAC du Cameroun bénéficie depuis sa création en 1999 d’une garantie publique de 20 milliards de FCFA, preuve de l’engagement de l’État à protéger les usagers de la route. La digitalisation des attestations d’assurance, actuellement en cours, doit encore renforcer transparence et traçabilité.

L’inauguration de cet immeuble marque une étape clé pour la mobilité en Afrique centrale. Pour les transporteurs, la carte rose demeure un instrument vital, garantissant sécurité, continuité assurantielle et fluidité du commerce dans un espace où les échanges reposent largement sur le transport routier. Avec ce nouveau siège, la CEMAC consolide un pilier essentiel de son intégration régionale.

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