Entre janvier et octobre 2025, le Cameroun a enregistré l’importation de 39 033 véhicules de tourisme (code SH 8703), selon une analyse des déclarations douanières réalisée par Pakazure (une plateforme d’intelligence artificielle déployée par le Port Autonome de Kribi).
Au total, analyse la plateforme, le volume des véhicules importés au Cameroun au cours de cette période a représenté une valeur économique de 119,34 milliards FCFA. Le prix moyen unitaire s’établit à 3,05 millions FCFA, confirmant une forte orientation vers les véhicules d’occasion.
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Ce chiffre, en hausse par rapport aux années précédentes, révèle les dynamiques profondes du marché automobile camerounais, marqué par la prédominance des véhicules d’occasion et une montée en puissance des marques chinoises.
Le Japon garde le volant
Avec près de 28 000 unités, le Japon reste la principale source d’approvisionnement du Cameroun. Les véhicules importés sont majoritairement à essence, compacts, souvent des SUV comme le RAV4 ou des berlines telles que la Camry. La conversion du volant (de droite à gauche) reste une pratique courante, malgré les défis techniques et réglementaires qu’elle pose.
La Belgique, avec environ 14 000 véhicules, joue un rôle de hub logistique, facilitant le transit de véhicules européens vers l’Afrique. Les modèles diesel y sont plus fréquents. Les États-Unis, quant à eux, fournissent environ 1 650 véhicules, souvent de luxe ou à forte cylindrée (>3.0L), parfois réparés après accident.
La Chine monte en puissance…
Avec près de 1 000 véhicules neufs importés, la Chine s’impose comme un challenger sérieux. Ses modèles, souvent utilisés comme taxis, séduisent par leur prix compétitif et leur motorisation modérée (1.5L). Cette tendance pourrait bouleverser le marché dominé par les véhicules japonais d’occasion.
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Le marché camerounais reste largement dominé par les véhicules à essence (plus de 80 %), notamment ceux dont la cylindrée est comprise entre 1 500cc et 3 000cc. Les modèles hybrides et électriques, bien que présents dans les nomenclatures douanières (codes 8703.40 et 8703.80), restent anecdotiques.
Malgré le dictat des véhicules d’occasion
95 % des véhicules importés sont d’occasion, avec une moyenne d’âge comprise entre 5 et 15 ans. Les codes douaniers 9100 et 9900 sont les plus utilisés. Les véhicules neufs, représentant à peine 5 %, proviennent principalement de Chine et d’Inde.
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Ce baromètre met en lumière les enjeux du transport individuel au Cameroun : accessibilité, coût, fiabilité et adaptation aux réalités locales. Pour les professionnels du secteur, il constitue un outil précieux pour anticiper les évolutions du marché et orienter les politiques d’importation.





































D’autres pays africains se lancent dans la fabrication des véhicules. 70 ans après les indépendances, le Cameroun lui se contente d’importer. C’est navrant.