Cameroun: en perte de vitesse sur l’autoroute, Ketcha Courtès veut prendre le Téléphérique

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Utiliser le téléphérique comme voie de contournement, ou tout simplement alternative aux embouteillages « monstres » que connaissent les camerounais vivant dans les grandes métropoles. C’est la nouvelle trame de Célestine Ketcha Courtès, la Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain. Selon nos informations, l’architecte des villes annonce la fin, dès cette année, des études techniques et financières relatives à ce projet confié à la société française MND. Pour faire simple, le gouvernement, qui ne sait pas encore combien le projet devrait coûter, sera fixé dès décembre 2023.

Si cette étape semble facile, le plus dur restera à faire. Trouver l’argent pour financer le projet, et surtout, le mettre en service. Ce qui, par expérience, semble plutôt compliqué. Au Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, les cinq dernières années n’ont pas beaucoup tenu la promesse des fleurs. Entre l’Autoroute Yaoundé-Ahala (officiellement baptisée autoroute urbaine Yaoundé-Nsimalen), la route de Nkolmesseng, le Tramway de Yaoundé, etc., joindre les deux bouts (études et réalisation) semble difficile.

Effet mode ?

Dans cette envolée vers le téléphérique, Kétcha Courtès n’est pas la seule à l’annoncer. Sur le continent, depuis le début de ce mois de juillet, les gouvernements africains semblent vouloir se téléporter vers ce « nouveau moyen de transport ». Il y a dix jours, le gouvernement congolais (RDC) annonçait le lancement « cette semaine », d’une ligne de transport aérien par câble. La phase pilote, qui porte sur deux kilomètres reliant deux gares stratégiques dans un quartier populaire, pourrait être mise en service « dans six mois », a-t-on appris. Sa capacité d’accueil journalière est estimée à 5 000 passagers.

Dans son envolée vers le téléphérique, Ketcha Courtès pourrait s’inspirer du mauvais exemple malgache. Sur cette île située en plein océan indien, le projet de construction de deux lignes de téléphérique à Antananarivo a créé une vague de contestation. Au-delà du coût du projet, 152 millions d’euros (soit environ 99, 705 milliards de FCFA, ce qui en fait le plus coûteux jamais réalisé dans la capitale), et du tracé contesté par des défenseurs du patrimoine, c’est surtout le prix du billet qui a soulevé le courroux. 650 FCFA l’aller, 1500 FCFA le ticket aller-retour, cela a suffi pour jeter le pavé à la marre.

Pour désengorger la capitale Antananarivo, le gouvernement prévoit la construction de deux lignes de téléphérique pour un montant de 152 millions d’euros. Mais ce projet, soutenu par la France, est vivement critiqué par la population. En cause, un tracé contesté par des défenseurs du patrimoine mais surtout un prix du billet inaccessible à la grande majorité des Malgaches.

Où ça marche…

Si dans beaucoup de pays du continent, le téléphérique reste en projet, il y en a, qui l’utilisent depuis des dizaines d’années. C’est le cas de l’Algérie, premier pays d’Afrique, où la mise en service du téléphérique de Notre-Dame d’Afrique remonte à 1984. L’infrastructure construite par la société française POMA (elle a été rénové en 2008) est constituée de deux cabines d’une capacité de 35 personnes. Pendant environ deux minutes, les passagers peuvent partir d’une station à l’autre. L’entreprise de Transport algérien par câbles qui exploite cette infrastructure et tous les autres téléphériques du pays, maintient l’accès à ses cabines toute la journée, de 06 heures à 19 heures.

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