Le pari risqué de Nganou Djoumessi sur la réduction du coût du kilomètre de route

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Route Ntui-Ndjolè. Un projet intégrateur financé grâce à l'appui des partenaires au développement

La conférence semestrielle des Services centraux et déconcentrés du Ministère des Travaux Publics (MINTP) tenue ces 05 et 06 février 2026 a permis à ce département ministériel de faire un pas décisif dans la volonté du gouvernement de rationnaliser la dépense dans les travaux routiers.

Placés sous le thème : « Relèvement du réseau routier à l’aune du septennat des Grandes Espérances : un enjeu de la relance économique », les travaux ont notamment permis de mettre en lumière la structure « nouvelle » des prix du kilomètre de route. Ces coûts, « en baisse », varient désormais entre 358, 068 et 864,694 millions de FCFA.

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Plusieurs projets routiers rentrent en effet dans cette sorte de nouvelle norme des prix. La route Ngaoundéré-Garoua, en cours de réhabilitation, est réalisée avec un coût moyen du kilomètre fixé à 409, 842 millions de FCFA. Avec tout de même de grands écarts notables entre certaines sections.

Sur la section Pont Salah-Entrée village Ouro André (56 km) par exemple, le km est facturé à 358, 068 millions de FCFA. Sur la section Entrée village Ouro André-Pont sur la Bénoué (56 km), le coût au kilomètre tourne autour de 465, 576 millions de FCFA. La note devient plus salée, et dépasse les 772,463 millions de FCFA sur la section Ngaoundéré-Carrefour Malang (36 km).

Ceci, en raison notamment des travaux qui intègrent le renforcement de la section carrefour Malang-Bas de la Falaise de Mbé où il est prévu sur 14 km, une route en 2×2 voies ; et deux échangeurs, sur un linéaire total de 50 km.

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D’autres projets, à l’instar de la route Ebolowa-Akom2-Kribi (727, 809 millions de FCFA le km) ; Olounou-Oveng-Frontière Gabon (412, 379 millions de FCFA le km) ; ou encore la route Edéa-Dizangué, sur tronçon de la route Edéa-Dizangué-Mouanko (349, 121 le km).

Optimisation budgétaire

« Si les actions prioritaires vont converger vers les axes routiers structurants, il faut surtout relever que la question des coûts permettra de faire plus ou moins. Pour cela, les constats et observations sur les dernières attributions des marchés, permettent de relever une tendance à la baisse des coûts, liée en grande partie à la compétitivité et à la forte concurrence qui caractérisent les entreprises de BTP », a expliqué le MINTP.

La nouvelle grille tarifaire du kilomètre de route s’encastrera donc dans cette fourchette. Et les variations tiendront compte de trois facteurs essentiels : la nature des ouvrages (ponts, échangeurs, élargissements), les conditions géographiques et sécuritaires, et les offres préférentielles de certaines entreprises.

Cette option budgétaire prise par le MINTP vise l’optimisation budgétaire, dans un contexte marqué par la rareté des ressources. Pour 2025 par exemple, l’enveloppe budgétaire attribuée audit ministère s’élève à 651,952 milliards de FCFA, dont 539,74 milliards de FCFA réservés aux investissements.

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« L’enveloppe budgétaire est très importante, il faut le reconnaître. Mais elle correspond aux 33,18% de notre demande. Cela signifie que s’il n’y a pas une bonne priorisation, on pourrait ne pas ressentir l’impact de cette enveloppe budgétaire », analyse Emmanuel Nganou DJOUMESSI.

Exceptions à la règle

Normaliser les prix du kilomètre de route pour contourner les barrières budgétaires, c’est le pari que fait le MINTP. Si dans certains cas le pari est gagnant, plusieurs projets routiers pourraient l’entraîner sur un terrain risqué.

La phase 2 du projet de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala, 141 km, en est le parfait exemple. Financé à plus de 1 072, 440 milliards de FCFA TTC (par la Standard Chartered Bank Of London, Exim Bank Of China et l’Etat Du Cameroun), le coût du kilomètre est fixé à plus d’1,901 milliard de FCFA.

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D’autres projets, bien que modestes, sortent également de cette fourchette des prix. C’est le cas du projet de reconstruction de la route Mora Dabanga-Kousseri. Ici, les travaux sur la section Tchakamari-Waza (41 km) coûteront 923, 292 338 millions de FCFA le km.

Ils seront d’ailleurs plus chers, jusqu’à plus d’1,022 milliard de FCFA entre Waza et Zizague (long de 46,575). C’est aussi le cas de la route Bingambo-Grand Zambi (route Olama-Kribi), financée à plus de 50, 965 milliards de FCFA. Sur cette route longue de 43 km, le kilomètre sera facturé à plus d’1,185 milliard de FCFA.

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