Le Cameroun pourrait franchir un cap dans la modernisation du suivi du transport routier des marchandises. En effet, le Patronat des Transporteurs Professionnels (PTP) a lancé le guichet d’affrêtement des cargaisons. Il s’agit d’une plateforme numérique destinée à offrir aux transporteurs un accès plus transparent aux offres de fret grâce à un guichet centralisé.
Pour Mohamadou Harfa, le président du patronat des transporteurs professionnels du Cameroun, l’étendue du réseau routier national et la multiplicité des itinéraires nécessitent des méthodes de contrôle plus modernes et plus efficaces, impliquant l’ensemble des acteurs socioprofessionnels.
Selon des données officielles, le corridor international génère près de 13 000 voyages et environ 320 000 tonnes de marchandises chaque mois, soit près de 20 % des exportations. Cette initiative apparaît comme un levier de structuration du fret.
« Nous sommes heureux de constater qu’au Cameroun nous avançons. La lettre de voiture obligatoire demeure l’une des exigences majeures de la loi de 2001 sur les professions de transport routier, d’auxiliaires de transport routier au Cameroun, mais malheureusement n’avait jamais été mise en place », a réagi Tchokoté Pénée Éric Junior, Expert juriste des transports, par ailleurs arbitre et Médiateur en matière de transports au CAMEC.
Après 25 ans d’attente, les acteurs du transport routier de marchandises pourront donc jouir de cet instrument majeur qui est supposé constater l’engagement entre les endroits de la marchandise et le transporteur en matière de déplacement de marchandises sur le plan national.
« C’est une aubaine et nous espérons que chacun comprendra le rôle majeur qu’il a joué dans cette aventure, chacun prendra ses responsabilités pour permettre au pays d’avancer sur le plan juridique et de parfaire son cadre normatif », a conclu Tchokoté Pénée Éric Junior.
Pour Ibrahima YAYA, président du Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun (GTTC), cet outil sera bénéfique pour tout le monde. « Cet outil a sera bénéfique au secteur du transport, aux transporteurs et à la République. Vous avez vu les intérêts partagés, çà et là : le gouvernement, à travers la Direction Générale des Impôts et tout ce qui va avec ; la CNPS pour les chauffeurs… bref, tout le monde a été pris en compte dans cette plateforme », a-t-il souligné.
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ONGUENE Lambert, Président de la Fédération des Organisations Syndicales Autonomes des Transports (FOSAT), a pour sa part salué cette avancée. « Nous avons été heureux une fois de plus de savoir que le chauffeur revient au-devant de la scène. Il va désormais occuper une place de choix dans les échanges en matière de transport routier de marchandise. De belles choses sont annoncées pour nous, à savoir la reconnaissance proprement dite de notre métier », a-t-il conclu.
Premier moyen de transport routier de marchandises avec 75% du trafic national, la route reste donc déterminante dans la mise en œuvre du guichet d’affrêtement des cargaisons. Pour les transporteurs, cet outil apparaît incontournable pour gérer la lettre de voiture et simplifier les démarches administratives.






































