Au cours d’un point de presse donné ce 15 octobre à Yaoundé, la voix la plus autorisée de la société Congelés du Cameroun (Congelcam S.A) a attiré l’attention des décideurs et de l’opinion publique sur la situation préoccupante du marché national du poisson et les risques de pénurie qui se profilent à l’horizon des fêtes de fin d’année, soulignant que les quotas actuellement disponibles, les délais d’importation et le rythme de consommation, imposent une réaction urgente des autorités.
Congelcam, leader de l’importation de produits halieutiques au Cameroun avec près de 80% des parts de marché, vient d’interpeller l’opinion et les pouvoirs publics sur la fragilité de l’approvisionnement en poisson en cette veille de fêtes de fin d’année, évoquant en premier des quotas d’importation fortement réduits. En 2025, a-t-on appris, Congelcam a importé 200 000 tonnes de poisson. Pour l’année 2026, l’entreprise avait manifesté son intention de maintenir le même niveau d’approvisionnement. Pourtant, le quota qui lui a été accordé par le ministère de l’Élevage, des pêches et des industries animales (Minepia), a été ramené à 100 000 tonnes. Cette réduction de moitié des quotas d’importation a eu des conséquences directes sur les stocks de Congelcam qui, au bout de sept mois, étaient déjà épuisés.
Afin de continuer à répondre à la demande nationale, l’entreprise dit avoir adressé le 18 septembre dernier, une correspondance au ministre du Commerce pour solliciter un réajustement à hauteur de 100 000 tonnes supplémentaires. En réponse, explique-t-elle, un quota additionnel de seulement 30 000 tonnes lui a été accordé. « Ce volume nous paraît largement insuffisant au regard des besoins du marché, de nos capacités logistiques et du rythme de consommation du pays », déplore Flavien Kankeu, responsable de la communication de l’entreprise, estimant que ce volume pourrait être épuisé en deux mois environ.
Des capacités de stockage conséquentes
A côté des quotas d’importation insuffisants, Congelcam dispose de capacités de stockage importantes, mais des autorisations insuffisantes pour justifier le spectre de la pénurie qui pointe à l’horizon. L’entreprise dont l’honorable sénateur Ngouchinghé Sylvestre est le promoteur, dispose d’infrastructures de stockage d’une capacité totale annoncée de 104 000 tonnes à Douala. À cela s’ajoutera prochainement un nouvel entrepôt d’une capacité de 10 000 tonnes au port de Kribi.
Mais, le patron de la communication de Congelcam fait observer que disposer d’entrepôts capables de stocker des dizaines de milliers de tonnes ne suffit pas si les autorisations nécessaires pour importer les marchandises ne permettent pas de les approvisionner à temps. Les infrastructures, les moyens logistiques et les capacités de distribution doivent pouvoir s’articuler avec une politique d’importation adaptée aux besoins effectifs du marché. Aussi, l’entreprise a-t-elle appelé les pouvoirs publics à réexaminer la situation à la lumière des données de consommation, des stocks disponibles, des délais d’approvisionnement et des capacités opérationnelles des importateurs.
Congelcam est bien dans son rôle d’attirer solennellement l’attention de l’opinion et des pouvoirs publics sur les risques que cette situation pourrait entraîner. « Si les conditions actuelles demeurent inchangées, nous estimons que les étals pourraient être fortement dégarnis dès la fin du mois de novembre 2026. Les fêtes de fin d’année pourraient alors se dérouler dans un contexte de forte tension sur l’offre, avec un risque de pénurie et une hausse importante des prix du poisson », prévient l’entreprise qui estime que le problème pourrait se prolonger jusqu’à la première moitié du mois de mars 2027.
Des pistes de solution
Selon Congelcam, l’alerte n’a pas pour objectif de susciter la panique. Elle vise, au contraire, à prévenir une situation qui pourrait encore être évitée grâce à une anticipation appropriée et à des décisions adaptées. D’où l’appel à la responsabilité et à l’anticipation lancé par Congelcam. Face à ces risques, l’entreprise invite les pouvoirs publics à prendre la pleine mesure de la situation.
Elle requiert, entre autres, un réexamen diligent du quota d’importation au regard des besoins du marché et des volumes réellement disponibles ; une clarification des modalités de calcul des quotas, notamment en ce qui concerne les déclarations d’importation arrivées à expiration ; une meilleure anticipation des délais nécessaires à l’importation et à l’acheminement des marchandises ; une application transparente et équitable des règles fiscales, douanières et administratives à l’ensemble des opérateurs et un dialogue constructif entre les décideurs et les acteurs du secteur afin de prévenir toute rupture majeure de l’approvisionnement.







































