Le gouvernement camerounais vient de lancer un marché de 300 millions de FCFA pour connecter 12 stations fixes de pesage à une salle de contrôle à Yaoundé. Le dispositif prévoit la transmission des données et des images en temps réel, ainsi que l’alimentation solaire des stations.
Le contrôle des poids lourds au Cameroun s’apprête à franchir une nouvelle étape. Le ministère des Travaux publics a lancé, le 5 octobre 2026, un appel d’offres national ouvert pour réhabiliter l’interconnexion et renforcer les équipements de certaines stations fixes de pesage routier. Le marché est évalué à 300 millions de FCFA et financé par le Budget d’investissement public du Ministère des Travaux Publics (MINTP) sur les exercices 2026, 2027 et 2028.
L’essentiel de l’opération consiste à connecter 12 stations de pesage à une salle de contrôle située à la Cellule de la Protection du Patrimoine Routier du MINTP. Les sites concernés sont Edéa, Nomayos, Mekong, Bagofit, Bonis, Mandjou, Garoua-Boulaï, Meiganga, Manwi, Boungeul, Yonkolé et Makalingaï.
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Le premier lot, évalué à 250 millions de FCFA, prévoit la réhabilitation des infrastructures de communication et leur connexion par fibre optique ou Internet. Chaque station doit également être équipée d’un système de vidéosurveillance IP.
La salle de contrôle devra recevoir, stocker et analyser les flux vidéo et les données provenant des différentes stations. Le marché prévoit également 12 mois de maintenance corrective et préventive, ainsi que la formation des agents appelés à exploiter le dispositif. Autre composante : les stations seront dotées de systèmes autonomes d’énergie solaire photovoltaïque, afin de sécuriser leur fonctionnement.
Cette opération intervient quelques mois après le lancement d’une procédure visant plus largement la réhabilitation, la gestion technique et la maintenance des stations de pesage routier du Cameroun. En juillet, le MINTP expliquait vouloir moderniser les équipements, digitaliser les opérations et déployer des systèmes de surveillance et d’automatisation.
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Le ministère avait également lancé en mai une phase pilote d’automatisation de la station de Nkankanzock. Le système envisagé doit notamment permettre la reconnaissance automatique des plaques, le contrôle du poids et du gabarit des véhicules, la génération automatique des tickets et la transmission centralisée des données.
Le second lot, doté de 50 millions de FCFA, concerne pour sa part la gestion technique et la maintenance des stations de Bigambo et Bidou 1, notamment leurs groupes électrogènes, équipements et dispositifs techniques. Pour le transport routier, l’enjeu sera désormais de mesurer les effets de cette centralisation sur le contrôle des surcharges, la fluidité du passage des camions et la transparence des opérations de pesage.
Assurer la sincérité des mesures
Pour le transport routier, l’enjeu est désormais de mesurer les effets de cette centralisation sur le contrôle des surcharges, la fluidité du passage des camions et la transparence des opérations de pesage.
Selon le Comité Interministériel de Suivi des Opérations de Pesage Routier (CISOP), en cinq ans (entre 2021 et 2025), près de 8 390 209 camions ont été pesés, parmi lesquels 546 986 constatés en surcharge, soit un taux global de 6,51 %. L’évolution annuelle révèle cependant une progression du taux de surcharge, passé de 5,30 % en 2021 à 7,91 % en 2025.
« L’année 2025 apparaît comme celle ayant enregistré les volumes les plus élevés, avec 1 789 786 camions pesés et 141 563 véhicules en surcharge ». Les données présentées au CISOP mettent également en évidence « une situation particulière pour les camions citernes. Sur cinq ans, 42 627 camions citernes ont été pesés, dont 30 062 en surcharge, soit un taux moyen de 69,58 % ».
Mais la faute ne réside pas uniquement du côté des transporteurs. Le rapport révèle que entre 2021 et 2025, les amendes émises ont atteint 12,775 milliards de FCFA. Le montant recouvré s’élève à 12,716 milliards de FCFA, tandis que 12,690 milliards de FCFA ont été reversés au Trésor public. Le taux de recouvrement dépasse ainsi 99,5 %. Calculatrice en main, c’est près de 600 millions de FCFA qui disparaissent dans les documents comptables.
Par Lionel Ndassi





































