Ce 15 octobre, s’est célébrée la Journée mondiale de la canne blanche, sous le thème : « respecter la canne blanche c’est garantir le droit de circuler en sécurité ». Dans la ville de Douala, les malvoyants ont saisi cette opportunité pour alerter les pouvoirs publics sur les signaux qui les aident sur la voie publique et dont l’interprétation devrait être maîtrisée par les autres usagers.
« Lorsqu’on voit un malvoyant pointer l’index sur la chaussée, cela signifie : j’attends un taxi. Lorsqu’on voit un malvoyant tenir la canne blanche en l’air avec la main gauche, fixe comme un soldat, cela signifie : je suis en danger », a par exemple expliqué un déficient visuel.
Pour sensibiliser les usagers voyants, les malvoyants ont parcouru certaines artères de la ville de Douala. « Nous faisons face aux automobilistes, notamment aux bendskineurs qui ne connaissent pas les différents signes de la canne blanche, et qui, chaque fois, nous percutent en route, nous brisent les cannes. Nous avons perdu plusieurs non-voyants sur la route. Des vies perdues après être percutés par des voitures », a déploré Guy Hervé Kwelleng, Président du Comité d’organisation de cette édition.
La mobilité des personnes malvoyantes et non-voyantes en Afrique combine des défis quotidiens liés aux infrastructures et l’émergence de solutions locales et technologiques innovantes. Selon le bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, le continent compte environ 4,8 millions de personnes aveugles et 16,6 millions de malvoyants. Pourtant, les gouvernements ne considèrent que très peu d’attention aux problèmes de mobilité de ces personnes en situation de handicap visuel.
Des exemples à copier existent pourtant. Au Kenya, l’application Saitra utilise l’intelligence artificielle pour fournir des descriptions audio en temps réel des obstacles urbains à Nairobi.Au Sénégal montrent l’utilisation autonome d’outils numériques et de l’IA par les personnes non-voyantes. En Côte d’Ivoire, deux lycéens ont conçu les « Blind Shoes », des chaussures connectées qui détectent les obstacles jusqu’à sept mètres.
Par Galim Anderson







































