Dans un communiqué publié le 21 octobre 2026, Camrail affirme avoir renforcé ses procédures d’exploitation et de contrôle depuis le déraillement meurtrier de 2016. Le renouvellement des infrastructures et du matériel roulant reste toutefois un enjeu majeur pour mesurer les progrès accomplis.
Dix ans après la catastrophe ferroviaire d’Éséka, Camrail met en avant les mesures prises pour renforcer la sécurité des circulations. Dans un communiqué publié le 21 octobre 2026, à l’occasion de cet anniversaire, le concessionnaire du réseau ferroviaire camerounais affirme avoir amélioré ses procédures d’exploitation et de contrôle et équipé ses locomotives de caméras de contrôle. L’entreprise indique également que le processus d’indemnisation des victimes est achevé à 98 %, sans préciser la base de calcul de ce taux.
« 10 ans après la catastrophe d’Éséka, notre première pensée demeure pour les victimes, leurs familles, les cheminots, et toutes les personnes qui ont été durablement marquées par cette tragédie », déclare la direction de Camrail dans ce communiqué. Cette prise de parole remet au premier plan la question des résultats obtenus depuis l’accident. Le 21 octobre 2016, le déraillement du train Intercity n°152, reliant Yaoundé à Douala, avait officiellement fait 79 morts et plusieurs centaines de blessés.
Le rapport de la commission d’enquête gouvernementale, rendu public le 23 mai 2017, avait mis en cause la responsabilité principale de Camrail. Il relevait notamment une vitesse de 96 km/h sur une section limitée à 40 km/h, des défaillances du système de freinage et des insuffisances dans les contrôles avant le départ. Ces conclusions avaient conduit à réclamer des mesures correctives touchant à l’exploitation, à la maintenance et à la sécurité ferroviaires.
Le renouvellement du réseau
Depuis, la modernisation des infrastructures constitue un axe important des investissements ferroviaires. Selon Cameroon Tribune, quelque 568 km de voies ont été renouvelés dans le cadre du programme de modernisation. Les travaux concernent également des ouvrages d’art, des passages à niveau et des équipements de signalisation.
Le matériel roulant reste toutefois un autre défi. Camrail a réceptionné quatre locomotives neuves en 2026, principalement destinées au fret. Mais le renouvellement des voitures voyageurs demeure un enjeu, alors que le vieillissement du parc impose de poursuivre les efforts de maintenance et d’investissement.
Lors de sa session extraordinaire du 24 juillet 2026, le Comité interministériel des infrastructures ferroviaires (COMIFER) a notamment examiné les projets d’acquisition de matériel voyageurs et la préparation du deuxième plan quinquennal d’investissement.
Dix ans après Éséka, les mesures annoncées par Camrail constituent un point de départ pour évaluer l’évolution de la sécurité ferroviaire. Mais leur portée reste à apprécier à partir de données sur les incidents enregistrés depuis 2016, les investissements effectivement exécutés, l’état du matériel voyageurs et les résultats des contrôles de sécurité.
Par Lionel Ndassi












































