Frank Casteleyn (DG RAZEL) : « Razel a déjà atteint 75%, malgré des difficultés qui sont normales au Cameroun »

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Crédit Photo: bougna.net

Ce n’est plus une surprise pour personne. La Coupe d’Afrique des Nations ne se jouera plus au Cameroun. Mais depuis le retrait de cette compétition par la Confédération africaine de football, le Cameroun semble résolu à jouer ses matchs sur un autre terrain. Celui des infrastructures destinées à la CAN (stades, routes, parkings, etc.). Avec comme aire de jeu les sommes astronomiques débloquées pour financer la construction des chantiers, et comme acteurs, des entreprises et des membres du gouvernement aux prouesses techniques dignes d’un Christiano Ronaldo, d’un Lionel Messi, ou alors, pour rester proche du Cameroun, d’un Kylian Mbappe. Pour l’instant, le nom de RAZEL Cameroun ne figure pas dans la short-list du 11 entrant des entreprises. Les nouvelles du banc de touche n’en font pas non plus allusion. Pourtant, le géant camerounais des BTP est bien engagé dans la construction de 6 940 mètres linéaires (ml) de route dans la capitale politique. Pourquoi son nom n’est pas dans la short-list ? Peut-être parce que contrairement aux autres, l’entreprise réclame de l’argent à l’Etat. Ou alors, parce qu’elle lui en réclamait…avant que ses arriérées de décomptes ne soient apurés. C’était au lendemain du très controversé carton rouge donné par Ahmad, l’arbitre du match. Mauvaises langues ou pas, le virement a été effectué pour permettre à l’entreprise de BTP de terminer (quand même) son chantier. Elle n’est pas la seule dans cette situation. Habituellement très réservé, Frank Casteleyn a bien voulu ouvrir les portes de notre bougna. Et parcourir avec nous, quelques mètres de cette actualité qui nous ouvre peu à peu les barrières des chantiers de la CAN.

 

Au lendemain du retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations, vous avez tenu, avec le ministre de l’Habitat et du développement urbain (Minhdu), une séance de travail. Quelle était l’importance de cette rencontre ? Que vous a dit le membre du gouvernement ?

Le ministre de l’Habitat et du développement urbain nous a réunis pour faire le point sur les travaux, et nous rassurer. Je peux vous dire que nous sommes sortis rassurés de cette réunion. Le gouvernement a effectivement montré sa volonté de poursuivre les chantiers. Je dois vous dire que Razel n’avait aucune raison de ne pas y croire.

Dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations, vous avez gagné des marchés dans la ville de Yaoundé. En quoi consistaient-ils ?

Dans le cadre de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations, nous sommes chargés de la construction de 6 490 mètres linéaire.

Quel est l’Etat d’avancement des projets qui avaient été confiés à votre entreprise dans la cadre de cette Coupe d’Afrique des Nations ?

Razel a déjà atteint 75%, malgré des difficultés qui sont normales au Cameroun, mais qui ont été résolues de manière extrêmement rapide, extrêmement efficaces. Il faut reconnaître que l’administration a fait des efforts énormes pour faire avancer ces projets qui étaient spécifiquement destinés à la Coupe d’Afrique des Nations. Aujourd’hui, les difficultés essentielles sont derrière nous. Il s’agit de terminer les travaux. Tout est mobilisé, les choses sont engagées, ça va se faire.

Ce sont de beaux projets, qui sont structurants. Je veux relever que ce ne sont pas seulement des projets qui servent la CAN, mais aussi des projets qui développement la zone urbaine des villes dans lesquelles nous travaillons. Ce sont des projets que nous avons à cœur de terminer rapidement, avec l’appui de l’administration, il n’y a aucune difficulté pour que ça se fasse.

Donc vous confirmez, à date, vos chantiers seront livrés pour paraphraser le Président de la République le jour dit ? C’est-à-dire au plus tard en mars 2019 ?

Nous sommes en avance pour l’instant. Il n’y a pas de raison de prendre du retard. Au contraire. Il n’y a plus de pluie, plus d’obstacle administratif.

Tout à l’heure, vous avez déclaré que les difficultés essentielles sont derrière vous. Mais on sait qu’il reste des problèmes d’expropriation. Semblez-vous vouloir les ignorer ?

Nous ne les ignorons pas. Nous avons adressé ces problèmes à l’administration aujourd’hui. Nous avons eu les garanties que tout était levé. La libération des emprises était le dernier petit blocage qui permettait d’achever complètement les travaux. L’administration l’a fait très rapidement avec le délai de la CAN. Nous sommes impressionnés par l’efficacité, mais aussi le nationalisme du peuple camerounais qui a compris l’importance de libérer tout ça. Nous n’avons eu que de l’aide sur le chantier depuis le départ. L’administration, les populations, tout le monde, a réagi. Ça nous a permis de tenir des délais extrêmement courts sans difficultés jusqu’aujourd’hui.

Depuis quelques jours, l’après-retrait de la CAN est marqué par les importantes sommes d’argent débloquées par l’Etat pour le financement des marchés. Le nom de Razel n’est pas cité, mais à vous dire vrai, on ne sait pas, aujourd’hui, combien Razel attendait de l’Etat, et combien l’Etat a versé dans vos comptes.

Nos règlements sont à jour de manière contractuelle. Vous savez très bien que le montant des marchés est rendu public. Je ne vais rien vous apprendre à ce sujet. Il vous suffit de vous rapprocher du Minhdu ou de nous pour avoir la fiche qui donne les montants, le linéaire et les délais. En ce qui concerne l’avancement, nous arrivons à 60% d’encaissement sur le marché, pour un taux d’avancement de 75% à 80%. C’est logique, avec le marché que nous avons.

 

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