La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) est engagée depuis près d’une décennie dans un bras de fer judiciaire avec BGFI Bank Cameroun, autour d’une caution bancaire de plus de 552 millions FCFA non honorée. Ce différend, loin d’être anecdotique, pèse lourdement sur la santé financière et la capacité opérationnelle de l’entreprise publique, pilier stratégique de la chaîne d’approvisionnement pétrolier nationale.
À l’origine, un marché attribué en 2015 à Blaze Energy Cameroon SA pour la construction de deux réservoirs de 6 500 m³ et la réhabilitation du dispositif anti‑incendie du dépôt de Mboppi. Après la défaillance du prestataire, la SCDP résilie le contrat et réclame à BGFI Bank le paiement des cautions prévues pour garantir l’exécution du marché. Si la caution de bonne exécution est remboursée, celle d’avance de démarrage reste partiellement impayée : 115 millions versés sur 646 millions dus.
Depuis, la SCDP multiplie les recours : injonction de payer, saisie conservatoire, appels, expertises judiciaires… sans parvenir à recouvrer le reliquat. Même la Cour suprême et la Chambre des Comptes ont confirmé la légitimité de sa créance, mais la banque n’a toujours pas exécuté la décision.
Ce blocage prive la société de ressources essentielles pour financer ses projets de modernisation et de sécurisation des dépôts. Les 552 millions FCFA, auxquels s’ajoutent 25 millions de frais de procédure, représentent une somme critique dans un contexte où la SCDP doit renforcer ses infrastructures face à la montée des risques industriels et à la pression sur les stocks stratégiques.
En avril 2024, la direction générale s’est rendue à Libreville, au siège de la Cobac, pour alerter l’autorité de supervision bancaire sur la situation. L’intervention de la Cobac pourrait relancer le dossier, mais à la clôture de l’audit en octobre 2025, aucune issue définitive n’était encore enregistrée.
Ce contentieux illustre la vulnérabilité des entreprises publiques face aux défaillances bancaires, et rappelle combien la SCDP, acteur central du secteur énergétique, reste tributaire de la rigueur de ses partenaires financiers pour assurer la continuité de ses opérations.







































