Le Cameroun fait face à une recrudescence inquiétante des collisions entre aéronefs et animaux. En sept ans, plus de 650 incidents ont été recensés sur ses aéroports, principalement à Douala et Yaoundé‑Nsimalen. Un signal d’alarme pour les autorités, qui multiplient désormais les études fauniques et les actions de prévention afin de renforcer la sécurité du transport aérien.
Le Cameroun s’inquiète de la croissance du taux d’impacts rapporté au trafic aérien. Selon des données officielles, en sept ans (entre le 1er janvier 2019 et le 30 juin 2026), 656 événements de sécurité liés au péril animalier ont été enregistrés sur les aéroports du Cameroun.
Avec un pic des impacts concentrés dans les deux principales plateformes aéroportuaires du pays. En effet, plus de la moitié de ces événements ont été observés à l’aéroport international de Douala, tandis que Yaoundé-Nsimalen représente plus du tiers des cas recensés. Plus préoccupant encore, l’analyse pour le premier semestre 2026, du taux d’impacts rapporté au trafic aérien met en évidence une progression significative du risque sur certaines plateformes, notamment à Garoua, Yaoundé-Nsimalen et Douala.
Si la majorité des événements n’a jusqu’ici pas eu de conséquences majeures « grâce au professionnalisme des équipages et des services de la navigation aérienne », Jean Ernest Masséna NGALLE BIBEHE, Ministre des Transports, reconnaît un impact sur les opérations des compagnies aériennes.
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« Dix-huit incidents graves ont directement impacté les opérations de nos compagnies aériennes au premier rang desquelles notre compagnie nationale Camair-Co, ainsi que des transporteurs internationaux, entraînant des dommages importants sur des aéronefs, des interruptions de décollage, des retours d’urgence, des annulations de vols et des immobilisations prolongées d’aéronefs », clarifie-t-il.
Les causes
Réuni en sa première session ce 10 septembre à Yaoundé, le Comité National de Prévention du Risque Aviaire et Animalier (CNPRA) a fait un constat froid. Le péril animalier demeure une menace réelle, permanente et susceptible d’affecter gravement la sécurité des opérations aériennes.
Les travaux ont permis d’identifier de nombreuses causes. La première réside au niveau administratif. En effet, en sept ans, le Comité National de Prévention du Risque Aviaire et Animalier ne s’est réuni qu’une seule fois. La dernière date du 7 mai 2019.
« L’absence de concertation régulière au niveau national a progressivement affaibli la dynamique de coordination interinstitutionnelle pourtant indispensable à une gestion efficace du péril animalier », avoue Jean Ernest Masséna NGALLE BIBEHE.
La deuxième cause est liée à la complexité de la maîtrise du péril animalier. Les études internationales démontrent que l’écrasante majorité des collisions survient dans l’environnement immédiat des aérodromes, à des altitudes et dans des espaces dépassant largement les limites des emprises aéroportuaires.
Même s’il se réunissait régulièrement, le CNPRA ne réussirait à maîtriser le péril animalier que s’il cessait d’impliquer les seuls gestionnaires d’aéroports, pour élargir la responsabilité à l’ensemble des acteurs concernés. Il s’agit notamment des Collectivités Territoriales Décentralisées, des autorités administratives, des administrations en charge de l’environnement, de la faune, de l’agriculture, de la défense et de l’aménagement du territoire.
La troisième cause est liée aux insuffisances dans la coordination entre les autorités aéroportuaires. Si elles communiquent souvent l’Autorité Aéronautique et l’ASECNA doivent renforcer le partage d’informations de sécurité et l’exploitation des données issues de leurs systèmes de gestion de la sécurité afin d’orienter les actions de prévention sur des bases objectives et mesurables.
Solutions
S’il subit de plein fouet les impacts de sécurité liés au péril animalier, l’Etat du Cameroun a déjà engagé des actions visant à en réduire les risques. L’une des actions majeures est la réalisation d’études fauniques sur les plateformes de Douala, Yaoundé-Nsimalen et Garoua. Ces études offrent une cartographie précise des espèces les plus dangereuses avec 80 espèces répertoriées à Douala, 94 à Yaoundé-Nsimalen et 138 à Garoua.
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Ces travaux constituent désormais une base scientifique solide pour mieux comprendre les comportements des espèces à risque, identifier les zones critiques et orienter les mesures de prévention les plus efficaces. Ils marquent une évolution importante vers une gestion davantage fondée sur l’analyse des données et l’anticipation des risques.
« Notre ambition doit être de poursuivre cette dynamique en étendant ces études aux autres aérodromes accueillant des vols commerciaux, notamment Maroua ainsi que les aérodromes secondaires. Cette démarche devra être complétée par des études écologiques permettant de mieux identifier les facteurs environnementaux favorisant la présence de la faune à risque, afin d’avoir une maitrise complète des facteurs qui contribuent à cette menace », clarifie le Ministre des Transports.







































