L’Association des compagnies africaines de transport aérien (AFRAA) a officiellement fait une sortie pour analyser l’impact de la guerre en Iran, et ses répercussions sur le blocage du Détroit d’Ormuz. Dans une interview accordée à la radio France Internationale (RFI), Aberrahmane BERTHE, Secrétaire Général, a décrit les conditions difficiles dans lesquelles opèrent les compagnies aériennes du continent.
« Beaucoup de compagnies ont revu leur capacité sur plusieurs routes en raison de la hausse du carburant, qui a atteint 150 % entre le début de la crise et avril 2026. L’impact a été une baisse du trafic », a expliqué Abderrahmane Berthé.
En Afrique, près de 70 % du kérosène provient de la région du détroit d’Ormuz. La flambée des prix a contraint les transporteurs à appliquer des surcharges carburant, sans pouvoir répercuter l’intégralité de la hausse sur les billets, au risque de perdre des clients.
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Résultat : des pertes financières et la fermeture de certaines liaisons, notamment sur le court‑courrier. Des compagnies majeures comme Royal Air Maroc, Ethiopian Airlines ou Air Mauritius ont été touchées. Fin mai par exemple, Royal Air Maroc a annoncé, en mai, la suspension de ses dessertes dans plusieurs pays, dont le Cameroun. Ce 19 juin, Kenya Airways a emboîté le pas, en suspendant ses vols vers Douala, après une chute de 80% de son trafic passager.
Aux pertes financières, et fermetures de liaisisons, il faut ajouter les risques de pénurie sur certaines escales stratégiques, comme Addis‑Abeba ou Nairobi.

Si les hubs africains ont temporairement bénéficié d’un transfert de trafic, l’effet n’a duré que quelques semaines avant que les compagnies du Golfe ne reprennent leurs vols. Les transporteurs au réseau purement africain ont été les plus fragilisés. « …depuis l’annonce du cessez-le-feu, le prix du pétrole a déjà baissé de 15%. Ceci dit, je ne pense pas qu’on aurait un retour à la situation d’avant la crise, avant fin 2026 ».
S’il ne voit pas le ciel africain s’éclaircir avant la fin 2026, Abderrahmane Berthé se veut cependant rassurant : « Je ne pense pas que cela aboutira à des faillites. Les compagnies africaines ont prouvé leur résilience lors de la crise de la Covid ».
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La réouverture du détroit d’Ormuz et l’annonce d’un cessez‑le‑feu ont déjà entraîné une baisse de 15 % du prix du pétrole. Mais le SG de l’AFRAA estime qu’un retour à la situation d’avant‑crise n’interviendra pas avant fin 2026. D’ici là, les compagnies devront composer avec une vulnérabilité énergétique mise en lumière par cette crise.
Pour l’avenir, il plaide pour la mise en place de raffineries africaines capables de produire du Jet A1, ainsi que pour des accords de prix à long terme. Le Nigeria, avec la raffinerie Dangote, a déjà pu approvisionner certaines compagnies. Des projets similaires sont annoncés en Afrique de l’Est.
L’AFRAA, de son côté, a engagé des discussions avec des institutions financières pour créer une plateforme continentale d’approvisionnement en carburant, afin de mieux préparer le secteur à une éventuelle nouvelle crise.







































