Sur les 1 875 plaintes enregistrées par le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) au port de Kribi en 2025, 26 % portent sur la « double facturation du retour vide des conteneurs ». Le rapport fait également état de retards de facturation et de charges supplémentaires liées à cette opération.
Le retour des conteneurs vides apparaît comme l’un des principaux points de friction dans le fonctionnement de la place portuaire de Kribi. Selon la « Note d’observations sur la vie et le fonctionnement de la place portuaire de Kribi en 2025 », élaborée à partir des contributions des différents acteurs de la plateforme, la problématique de la facturation du retour des conteneurs vides représente 26 % des plaintes enregistrées par le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) au cours de l’année.
Sur un total de 1 875 plaintes, ce ratio représente environ un quart des réclamations. Il s’agit ainsi de la principale difficulté identifiée par le CNCC, devant les dysfonctionnements du système d’information portuaire (SIP), qui représentent 23 % des plaintes. Les problèmes de génération automatique du RK comptent pour 18 %, tandis que les problèmes d’assistance du BAD représentent 15 %.
Le rapport ne détaille toutefois pas les deux prestations qui seraient à l’origine de la « double facturation » dénoncée par les chargeurs. Il ne permet donc pas d’établir qu’une même opération aurait systématiquement été facturée deux fois, ni d’en déterminer le coût pour les opérateurs économiques.
Plusieurs coûts autour du conteneur vide
Le constat du CNCC intervient alors que les Douanes relèvent elles aussi plusieurs difficultés liées à la facturation dans la chaîne logistique. Le document fait état de retards dans la facturation de l’acconage, du relevage, de la manutention et du retour des conteneurs vides.
Les services douaniers signalent par ailleurs le poids de certaines charges financières supplémentaires imposées par des lignes maritimes. Le rapport cite notamment le transport systématique des conteneurs et mentionne « la facturation d’une caution du retour vide des conteneurs à Kribi (drop off) ». Cette caution est présentée comme une charge supplémentaire, mais le document n’établit pas de lien direct entre celle-ci et les plaintes relatives à la double facturation recensées par le CNCC.
À ces difficultés financières s’ajoutent des contraintes opérationnelles. Une autre partie du rapport relève ainsi des cas de double, voire de triple passage de conteneurs vides au scanner. Certains conteneurs, après un premier passage, ne seraient pas admis au terminal pour diverses raisons, entraînant de nouveaux passages. Les acteurs chargés de l’inspection ont appelé à une meilleure sensibilisation des chargeurs et transporteurs sur les modalités d’accès des conteneurs vides au terminal.
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Face aux dysfonctionnements signalés par les chargeurs, le CNCC indique avoir organisé, le 8 juillet 2025 à Kribi, une réunion de concertation avec la communauté portuaire. Cette rencontre devait permettre d’examiner les difficultés relevées sur la plateforme et a débouché sur des recommandations dont le suivi devait être assuré par les administrations concernées.
Le rapport ne fournit cependant pas, dans la partie consacrée aux plaintes des chargeurs, le détail des mesures effectivement prises concernant la facturation du retour des conteneurs vides.
Le sujet renvoie ainsi à une problématique plus large de coûts et de fluidité de la chaîne logistique à Kribi. Alors que le port poursuit sa montée en puissance, la multiplication des plaintes autour du traitement des conteneurs vides pose la question de la lisibilité des coûts supportés par les chargeurs et de la coordination entre les différents intervenants de la place portuaire.
Par Lionel Ndassi







































