Comment réduire la congestion portuaire au Port de Douala-Bonabéri, sans pour autant perturber les dispositifs de gestion des flux logistiques ? Tel est l’objectif visé par une mission du projet SCOPE Africa, en séjour cette semaine dans les installations du port.
Financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France et Enabel, la mission de SCOPE Africa était conduite par l’Expert en logistique portuaire et en transformation digitale Serge Angelo AGNILA.
Selon nos informations, les investigations des membres de la mission SCOPE Africa ont principalement porté sur l’ensemble du parcours des camions, depuis leur accès à la plateforme portuaire jusqu’à leur réinsertion dans le trafic urbain, en passant par les opérations d’enlèvement des marchandises.
Après la mission de terrain, les travaux se poursuivront par une phase d’analyse approfondie des données recueillies. Celle-ci aboutira à l’élaboration de recommandations opérationnelles ainsi qu’à une feuille de route destinée à renforcer progressivement et durablement les dispositifs de gestion des flux logistiques du Port Autonome de Douala (PAD).
Congestion portuaire
Premier port du Cameroun, le Port de Douala-Bonabéri concentre à lui-seul 70% du tonnage global des marchandises échangées entre le Cameroun et ses partenaires commerciaux. En 2025, l’infrastructure a traité plus de 13 millions de tonnes de marchandises.
Au sein du Port Autonome de Douala, la problématique de la congestion portuaire est au cœur de ses opérations. Depuis 2020, l’entreprise a pris des mesures fortes pour limiter ce phénomène. Ceci, à travers plusieurs actes.
D’abord la réfection des terminaux, à l’instar du terminal à conteneurs, laissé dans un état de délabrement par l’ancien concessionnaire. « Le terminal était comme un champ. En saison des pluies, des flaques d’eau jonchaient le terminal, des camions se renversaient, laissant tomber leurs conteneurs, après être entrés dans des cratères. Certains pouvaient passer des jours sans être chargés, puisque les chargements se faisaient à tête chercheuse », se souvient Cyrille AYINDA, Directeur de l’Exploitation.
Lire aussi : Port de Douala-Bonabéri : Enquête au coeur de la transformation de la RTC
Ensuite l’acquisition de nouveaux équipements portuaires. Avec notamment deux nouveaux portiques de quai (ce qui porte à cinq le nombre total) ; l’acquisition de nouveaux portiques de parc, pour atteindre la barre de 12 actuellement en opérations, et l’acquisition d’autres équipements de manutention.
A ces deux mesures fortes, s’ajoute la digitalisation de ses opérations, à travers la mise en ligne d’un nouveau système portuaire. Ce qui a considérablement contribué à fluidifier les opérations. « Aujourd’hui, il n’y a aucun contact verbal entre le chauffeur du camion et l’opérateur du portique. Le chauffeur entre, se fait identifier à la guérite, se dirige vers le lieu du chargement, attend son conteneur, et repart, une fois celui-ci chargé. Il n’y a pas de négociation, pas de temps perdu, en une heure, il est sorti du terminal », ajoute-t-il.
Extension des capacités de stockage
Sur le long terme, le Port Autonome de Douala porte des projets plus importants. Le premier porte sur la construction d’une zone logistique de 25 ha, dédiée au stockage et à la gestion des conteneurs vides sur la darse à bois.
Une convention a été signée avec la société Douala Port Container Solution S.A. (DPCS) à cet effet. Adossée sur le modèle d’un partenariat public-privé, la nouvelle plateforme logistique s’inscrit pleinement dans le programme stratégique de rénovation, de modernisation et d’extension du Port de Douala-Bonaberi.
« C’est un important projet qui figure parmi les priorités du schéma Directeur de développement du Port de Douala à l’horizon 2050. Dont l’objectif est d’offrir des solutions logistiques pertinentes à la problématique de gestion de traitement des conteneurs vides au Port de Douala. À l’effet de renforcer les performances opérationnelles, aussi bien du terminal à conteneurs, que des armateurs et es transporteurs qui opèrent au Port de Douala », explique le Dr. Ing ELUNDOU ONANA, Administrateur général de la DPCS.
Lancée en décembre 2025 (pour 4 ans), le projet SCOPE Africa (Securing Corridors, Ports and Exchanges in Western and Central Africa) est financé à hauteur de 12 millions d’euros (environ 7,87 milliards FCFA). Il vise à sécuriser et à moderniser 10 ports majeurs, dont ceux de Douala et de Kribi au Cameroun.






































