
129 personnes impactées par le projet d’aménagement de la zone d’activités industrialo-portuaires de la Dibamba à Missolè sont passées à la caisse ce 03 juillet. L’opération s’est déroulée sous la présidence de Cyrille Yvan ABONDO, Préfet du département de la Sanaga-Maritime.
Cette opération constituait la première vague des indemnisations, objet des décrets N°2025/00890/PM et 2025/00891/PM du 24 mars 2025, du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, portant indemnisation des biens en vue de la réalisation dudit projet. Une deuxième vague a eu lieu ce vendredi.
Avant de passer aux opérations de billetterie proprement dites, la matinée pluvieuse a débuté par une rencontre d’information. A cette occasion, le Préfet de la Sanaga-Maritime a rappelé que cette étape faisait partie des « pierres baptismales de cette grande réalisation promise par le Chef de l’Etat, S.E. Paul Biya, et dont la cérémonie de pose de première pierre est imminente ».
Cyrille Yvan ABONDO a entretenu les populations sur la portée de cet important projet qui va beaucoup apporter au département, à la Région et au Cameroun de manière générale. Aux questions posées, Monsieur le Préfet a répondu en toute transparence, en étant pédagogue comme l’ont été, à sa suite, les responsables du PAD.
Grincements de dents
Cela n’a cependant pas empêché d’enregistrer quelques mécontentements. « Je ne suis pas encore satisfait, puisque mon nom n’est pas encore sorti. Il y a le numéro du titre foncier qui est sorti, mais mon nom n’y est pas. On m’a demandé de faire une requête, ce que j’ai fait la dernière fois, je suis revenu ici, mais mon nom n’y figure toujours pas. On m’a demandé de faire une deuxième requête », a réagi Seudi NDJANDJEU Madeleine, habitante de Missolè 1.
Propriétaire d’un lot de 4 400 m², elle dit être victime d’un mauvais recensement. « J’avais déjà réalisé des travaux pour la clôture du terrain, en posant des poteaux. Mais les agents recenseurs n’ont pas recensé mes poteaux. Je cherche, en vin, les géomètres qui sont venus recenser mes poteaux ».
YAMTCHIE Alain Giresse, autre habitant de Missolè, crie à une mauvaise évaluation du coût de sa maison. « J’ai construit une maison dans laquelle nous vivons, ma famille et moi. J’ai souffert toute ma vie pour construire cette maison. Mais m’a donné 6,5 millions de FCFA, ce que je trouve insignifiant », a-t-il craché.
Propriétaire d’un lot de 1 200 m² acquis à 5 000 FCFA le m², il explique, détails à l’appui, pourquoi le coût de son patrimoine a été mal évalué. « J’ai fait la fondation de la barrière sur tous les 1 200 m², j’ai élevé les murs sur deux côtés de cette barrière, j’ai construit une maison de deux chambres, avec un salon, une cuisine et une douche, dans laquelle je vis. Cette maison est carrelée, avec des ouvertures en aluminium. Bref, elle est totalement terminée, avec tout ce qu’une maison moderne doit avoir. A côté de cette maison, j’ai construit trois chambres modernes, dont l’une est totalement achevée », cite-t-il.
« Je vais faire quoi ? Je vais dire quoi ? Je suis trop petit pour parler. J’ai fait une requête par rapport à cela. Cette requête n’a pas abouti. Je ne suis pas le seul dans cette situation. J’ai acheté ce terrain dans le titre 4554. Même le titre n’est pas encore sorti dans le décret d’indemnisation », désespère-t-il.
Explications
Menées par l’Etat du Cameroun, les opérations d’indemnisation des populations impactées par le Projet d’aménagement de la ZAIPD) connaît premiers grincements des dents. Du côté de l’Etat, la Sous-préfecture de la Sanaga Maritime et le Port Autonome de Douala, tout s’est déroulé conformément à la règlementation en vigueur.
« Le PAD n’est pas la partie compétente pour décliner les critères d’analyse des dossiers. Le Préfet du Département de la Sanaga Maritime, qui préside la Commission de constat et d’évaluations est mieux placé. La seule chose qu’il faut savoir, c’est que nous avons reçu les assurances que tout s’est fait selon la réglementation en vigueur. C’est d’ailleurs pour cela que la première liste, qui était un peu plus longue, a fait l’objet d’un toilettage au niveau du Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières. C’est donc la version retenue comme des dossiers complets qui a fait l’objet du décret du Premier Ministre du 24 mars », a par exemple réagi Sylvestre MEZATIO, Conseiller Technique du Port Autonome de Douala.
S’agissant des riverains dont les noms ne figureront pas dans les listes, il rassure. « Des requêtes ont été soumises, ainsi que le retour de certains dossiers jugés incomplets par le MINDCAF. Les dossiers ont fait l’objet d’un examen par la Commission et un rapport transmis, qui fera l’objet d’un décret additif. D’où l’assurance donnée par le Préfet pour ceux dont les noms ne figurent pas dans la première liste. Je voudrai d’ailleurs dire, vérification faite, les évaluations ont été faites sur la base de la mercuriale en vigueur. Sur cette base-là, le fonds géré par le PAD étant des deniers publics, il ne lui est pas possible d’aller au-delà de la mercuriale en vigueur. Toutefois, avec l’appui du partenaire stratégique du PAD qui est la société ARISE IIP, il est prévu un accompagnement de tous ordres ».
D’une superficie de 500 ha, la Zone d’activités industrialo-portuaires de la Dibamba à Missolè sera aménagée par ARISE IIP. La surface a été attribuée par l’Etat, suite à une demande de mise à disposition d’un espace par le Port Autonome de Douala (PAD).



































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