Ngaoundéré-Paro : Six ans après le début des travaux, 35,69% des tâches effectuées. Le MINTP veut « réceptionner les travaux en l’état »

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Six ans après le premier coup de pioche sur la route Ngaoundéré-Paro, le Ministère des Travaux Publics (MINTP), Maître d’Ouvrage, annonce la fin des travaux de l’entreprise chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC).

Contrairement aux autres fins des travaux, il ne s’agit pas d’une fin heureuse, mais bien d’un arrêt provoqué, pour en quelque sorte limiter la casse dans ce chantier où seulement 35,69% des tâches ont été effectuées.

Selon le Ministère des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi vient purement et simplement d’instruire la « réception des travaux en l’état ». Une mesure, ajoute le département ministériel, « destinée à permettre la relance des travaux ».

Les travaux lancés le 5 septembre 2019 étaient prévus pour un délai contractuel de 75 mois et 23 jours. Financés sur le Budget d’Investissement Public (BIP) affichent pâle figure. Difficultés de l’entreprise à se déployer efficacement pour la réalisation des prestations restantes. Faible mobilisation en matériel, en personnel et en ressources financières. Défaillances auxquelles s’ajoute l’absence de personnel clé d’encadrement, notamment au niveau de la direction du projet et de la conduite des travaux.

13,7 milliards pourtant payés

Une situation que confirme le Ministère des Travaux Publics. D’ailleurs, s’agissant du volet financier, le département ministériel ajoute qu’à ce jour, « environ 13,7 milliards ont déjà été payés à l’entreprise ». Il n’y a plus qu’un reste à payer de plus de 2 milliards de FCFA.

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Du côté de la mission de contrôle, « l’essentiel des décomptes a été réglé, à l’exception de certaines prestations complémentaires en attente de contractualisation », complète le Ministère des Travaux Publics.

Si le gouvernement se résigne à « réceptionner les travaux en l’état », c’est parce que sur cette route longue de seulement 70 km, toutes les démarches visant à mener les travaux à leur terme ont été entreprises.

En six ans, China State Construction Engineering Corporation est passée tout près de deux mises en demeure. La première menace de mise en demeure a été faite en 2022. Après deux ans de travaux, CSCEC n’avait réalisé que 27,80% des tâches.

Défaillances à répétition de l’entreprise CSCEC ?

A l’époque, sur l’ensemble du linéaire du projet, les terrassements généraux n’étaient effectués que sur un linéaire de 49,49 Km. La couche de fondation posée sur 8,89 Km ; la couche de base sur 2,2 Km et les travaux de la couche de roulement pas encore entamés.

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Pour se mettre à l’abri d’éventuelles sanctions, CSCEC s’était engagée à produire un nouveau planning des travaux. Celui-ci lui permettrait, avait alors promis l’entreprise, de produire plus et d’avancer dans la réalisation des travaux de chaussées.

En 2023, 45 mois après le début des travaux, la situation n’avait pas beaucoup avancé. Seulement 27,8% du chantier est exécuté. Dans un état des lieux dressé à l’époque, INTEGC SARL, qui assure la mission de contrôle, était sans équivoque.

« Sur les 70 km que couvre le site des travaux, le tableau dressé fait état d’un arrêt de la majeure partie des prestations, des engins stationnés, de l’arrêt de la production des granulats et la diminution du stock déjà réalisé pour une destination inconnue et le non-respect du chronogramme d’achèvement des travaux validés ».

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