Container Port Performance Index (CPPI) : Le Port Autonome de Kribi (PAK) défend sa résilience

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Vue aérienne de l'accostage du MSC Turkye sur la Phase 2 du Port de Kribi

Pas du tout étonné, plutôt satisfait…C’est la réaction du Port Autonome de Kribi (PAK) à la publication du récent Container Port Performance Index. Un classement rendu public ce 10 juin par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, qui couvre 400 plateformes portuaires mondiales.

Sur les 54 ports africains évalués, les deux terminaux camerounais Douala et Kribi figurent en bas de tableau. Le Container Port Performance Index classe le Port de Douala-Bonabéri au 41e rang en Afrique, et le Port de Kribi au 50e rang.

Ce 15 juin, au cours d’une conférence donnée par la Kribi Port Industrial Zone (KPIZ) au Salon de l’entreprise Promote, Patrice MELOM, Directeur Général du Port Autonome de Kribi, s’est exprimé sur cette actualité.

« En réalité, un classement dépend des critères qu’on utilise. Même s’il y a des critères incontournables, comme celui de la connectivité et les infrastructures existantes…Il faudrait plutôt se demander comment le Port de Kribi fait pour avoir les performances actuelles, de telle manière que ces performances observent le trend et la croissance que nous connaissons », a-t-il déclaré.

Contraintes

 « Je voudrais vous rassurer d’une chose. Je ne peux pas dire que ce classement soit mauvais. Il dépend de son auteur. Mais pour le Port de Kribi, nous l’avons reconnu, il y a encore beaucoup de freins. On a parlé de l’énergie, de la connectivité, et des autres infrastructures, à l’instar des réseaux. Je pense que le Port de Kribi est plutôt résilient. C’est justement pour sortir de cette situation que nous avons créé la société KPIZ. Pour nous, c’est une solution qui va régler tous ces problèmes », a-t-il conclu.

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Mis en service en mars 2018, le Port de Kribi, unique plateforme portuaire en eau profonde d’Afrique centrale, reste très peu desservi en infrastructures routières et ferroviaires. Certes, depuis juillet 2022, le Port est connecté à l’autoroute Kribi-Lolabé (38,5 km), première phase de l’autoroute Edéa-Kribi-Lolabé.

A ce projet routier, s’ajoute la route Kribi-Grand Zambi (53 km), section de l’axe Yaoundé-Olama-Kribi, réceptionnée en décembre 2001. Construite par l’entreprise CGCOG, l’infrastructure a bénéficié d’un financement d’un peu plus de de 36,233 milliards de FCFA TTC supporté par la Banque Africaine de Développement (BAD) et l’Etat du Cameroun.

Mais à elles seules, ces deux connectivités restent insuffisantes. Pour sortir le port de son enclavement actuel, le gouvernement et les partenaires au développement (BAD, notamment) ont lancé une série de projets portant à la fois sur la connectivité routière et ferroviaire.

Pistes…de solution

Le premier projet porte sur la construction de la route Ebolowa-Akom2-Kribi (179,279 km), grâce à un prêt garanti de 131,4 milliards de FCFA mobilisé avec l’appui de Standard Chartered Bank et d’UK Export Finance (UKEF).

Lire aussi : Ebolowa-Akom2-Kribi : Signature de l’Accord de prêt entre l’Etat du Cameroun et ICM Construction

Forts de la signature, ce 15 mai, de l’accord de prêt, les travaux ont démarré. L’infrastructure, construite par l’entreprise italienne ICM Construction, devrait permettre de connecter le port à Ebolowa, chef-lieu de la région du Sud, et accélérer la fluidité du transport des marchandises entre le port et les autres villes.

Le Cameroun devrait amplement bénéficier de la coopération avec la Banque mondiale pour totalement désenclaver le Port de Kribi. Depuis septembre 2022, le pays a ratifié un accord de prêt de 114,3 millions d’euros (environ 75 milliards de FCFA) avec la l’institution panafricaine pour le financement du Projet d’Aménagement des Routes de désenclavement de la Zone industrielle et Portuaire de Kribi (PARZIK).

Comme son nom l’indique, le PARZIK a pour objectif de contribuer à l’amélioration du système de transport du Cameroun, à travers l’optimisation du fonctionnement du « Complexe industriel et portuaire de Kribi », et à la promotion de l’intégration régionale en Afrique Centrale.

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Le programme comporte trois composantes. Une composante sur les travaux routiers, une composante portant sur les aménagements socio-économiques et appuis aux femmes et aux jeunes ; et une composante centrée sur la gestion du projet.

S’agissant par exemple de la première composante, elle porte sur les travaux de réhabilitation de la route Edéa-Kribi, y compris l’aménagement des aires de stationnement à la traversée de la Ferme Suisse et de Fifinda, une station de péage et une station de pesage à Fifinda.

 Le chemin…du fer

La forte émulation observée dans l’extraction minière dans la région du Sud et les pays voisins devrait contribuer à tracer le chemin de fer vers le port de Kribi. Plusieurs lignes sont prévues à cet effet. La ligne de chemin de fer Mbalam-Kribi (540 km côté camerounais et 149 km côté congolais) destinée à relier le port au site de Mbalam au Congo.

Et la ligne Edéa-Kribi-Lolabé-Campo, 184,5 km de long, qui devrait coûter 468,71 milliards de FCFA dans le cadre d’un PPP. L’accord-cadre relatif au développement de cette ligne a été signé ce 04 juin à Yaoundé. CAMALCO, filiale de Canyon Resources Ltd, et Africa Global Logistics (AGL) ont paraphé ledit accord-cadre.

Lire aussi : CAMALCO et AGL posent les bases de la ligne ferroviaire Édéa-Kribi–Lolabé–Campo

Aujourd’hui très peu desservi, le Port de Kribi devrait, à moyen terme, voir sa connectivité considérablement renforcée. Ce qui conforterait donc son positionnement dans le Golfe de Guinée, et par ricochet, son rang dans le classement du Container Port Performance Index.

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