Port de Kribi : le PAK et KPIZ donnent des assurances aux amodiataires quant à la continuité des opérations après la délégation des compétences

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La délégation des compétences du Port Autonome de Kribi (PAK-entreprise qui gère le port de Kribi) vers la Kribi Port Industrial Zone (KPIZ-entreprise créée pour gérer la zone industrielle intégrée du Port de Kribi) n’aura aucun impact sur l’activité des industries installées dans le complexe industrialo-portuaire de Kribi.

Patrice MELOM, Directeur Général du PAK va même plus loin : « leurs droits seront préservés, et, au contraire, ce que nous faisons est pour leur intérêt, parce que nous entendons améliorer leur cadre de travail, leur offrir des conditions meilleures, et rechercher la performance globale de l’activité sur la place portuaire ».

Ce 26 août, face aux amodiataires, le Top management des deux entreprises (accompagné par le consultant Jacques Jonathan NYEMB du cabinet NYEMB) a organisé une rencontre d’information et de sensibilisation. La séance n’était pas qu’un échange entre le un port et ses partenaires. C’était aussi et surtout l’occasion, pour le PAK, KPIZ et le cabinet NYEMB, de rassurer ces acteurs sur les nombreuses inquiétudes qu’ils se posent depuis la création de KPIZ début février dernier.

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Parmi ces inquiétudes, la désormais stratégique offre énergétique (énergie électrique et approvisionnement en eau), les loyers, le sort réservé aux Autorisations d’Occupation Temporaire (AOT) et aux Autorisations d’Exploitation Temporaire (AET), la facturation, et le début effectif des travaux d’aménagement de la Zone Industrielle Intégrée du Port de Kribi.

Le défi énergétique

Sur l’offre énergétique, Patrice MELOM s’est voulu clair. « Le lancement des travaux de construction d’une ligne haute tension de 225 KVA tirée à partir de la centrale à gaz de Kribi Power Development Corporation (KPDC), et d’un poste de transformation au Port de Kribi ont connu une avancée considérable. Le Ministre de l’Eau et de l’Energie, au cours d’une récente visite à Kribi, a pu toucher du doigt ces avancées. Idem pour le projet d’approvisionnement en eau », a-t-il lancé.

En effet, couvrant une distance de 42 kilomètres, la ligne permettra de répondre aux besoins immédiats du Port, évalués à 100 MW et aux besoins futurs estimés entre 330 et 400 MW. Energie nécessaire pour le fonctionnement optimal des industries attendues dans la future zone industrielle intégrée.

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Pour le Directeur Général du PAK, le port de Kribi disposera d’une autonomie énergétique en eau et en électricité « d’ici la fin d’année 2026 ou le début d’année 2027 ». Le port bénéficiera, à travers le projet ASPAC, de 6 000 m3 d’eau par jour, a-t-il déclaré, ajoutant que s’agissant de l’énergie électrique, des extensions sont prévues.

L’avenir des industries déjà installées avant KPIZ

Le sort qui pourrait être réservé aux industries détentrices d’un AOT ou d’un AET a cristallisé les échanges. Selon le cabinet NYEMB, 87 AOT et AET ont été recensées sur le port. La principale inquiétude présentée par les amodiataires était surtout de savoir si le transfert de compétences entraînerait une renégociation des contrats, ou des changements dans la nature des contrats qui lieront désormais ces entreprises à KPIZ.

Des éclairages apportés par Yves Roger MELINGUI, la délégation des compétences à KPIZ n’entraînera pas de grands changements dans les rapports qui lient les entreprises déjà présentes sur le port. « Tout droit régulièrement constitué, valide et opposable sera repris par KPIZ », a-t-il clarifié.

Mais avec quelques exceptions. « Il y a des dossiers qui seront repris quasiment à l’identique, pour lesquels il y aura juste une évolution en termes de formes et de documents à signer avec de nouveaux signataires », a-t-il expliqué.

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Ajoutant que « Il y a d’autres dossiers qui vont nécessiter des régularisations, soit documentaires ou techniques. Et éventuellement, il y a une troisième catégorie de dossiers peut être plus complexes, relevant éventuellement du litige voire du contentieux, qui prendra un petit peu plus de temps pour la reprise ».

Réagissant sur ce même sujet, Patrice MELOM s’est voulu clair. « L’idée ici, c’est dans le cadre de ce transfert, de corriger les situations imparfaites, mais peut-être aussi s’appuyer sur un certain nombre de constats et de retours d’expérience. S’appuyer sur ce retour d’expérience pour que dans la définition des prochains instruments, le cahier des charges par exemple d’occupation de la zone, la structure tarifaire, qu’on vide ces éléments-là de dispositifs porteurs, potentiellement problématiques, ou porteurs de problèmes dans notre environnement ».

« Donc c’est vraiment un exercice d’amélioration continue. Le port autonome de Kribi met en place ce véhicule avec ses partenaires pour pouvoir porter cette amélioration continue de façon opérationnelle et en restant dans une position de supervision et de contrôle de la délégation formalisée », a-t-il conclu.

Début effectif des travaux au T1 2027

Quid du début effectif des travaux de construction de la Zone Industrielle Intégrée ? Pour Yves Roger MELINGUI, les choses devraient aller très vite. « KPIZ va travailler en deux temps parce qu’il y a le vaste chantier d’aménagement pour lequel l’état du Cameroun a sollicité l’accompagnement de la Banque africaine de développement (BAD) avec un bon financement qui est attendu et d’autres prêteurs ».

« Mais avant ce grand aménagement que l’on envisage pour la fin 2027, voire le début 2028, il faut montrer aux amodiataires actuels, qui peut-être ont essuyé certains plâtres, que leurs doléances sont bien écoutées et prises en compte. Il faut leur montrer que rapidement on peut soulager un certain nombre de leurs plaintes. Donc c’est un beau programme d’investissement que nous allons essayer de lancer dans les mois à venir, nous l’espérons d’ici le début de l’année prochaine », a-t-il conclu.

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La Zone industrielle Intégrée du port de Kribi confiée à la Kribi Port Industrial Zone bénéficie d’une combinaison particulièrement rare : un port en eau profonde de classe mondiale et plus de 4 000 hectares de réserves foncières directement adjacentes au port.

Pour la mise en place optimale de cette infrastructure, l’Etat du Cameroun a mis en place un véhicule de partenariat public-privé qui allie à la fois une vision de long terme et un ancrage institutionnel. Ceci à travers l’actionnaire qui est le Port Autonome de Kribi, mais également la flexibilité, l’agilité du secteur privé national et international à travers les actionnaires Africa Global Logistics (AGL), ARISE et Belmont Investments.

Les prévisions économiques de l’impact de la Zone Industrielle Intégrée du Port de Kribi sont vertigineuses : une contribution au PIB nationale estimée entre 13 et 20 % et la création d’emplois à hauteur de 110 000 à 150 000 emplois directs, indirects et induits.

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