Cameroun : le CNCC enquête sur les tracasseries dans le fret aérien

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Fret aérien

L’initiative intervient après une concertation organisée en mars 2025, qui avait relevé des lenteurs dans les procédures douanières et des désaccords entre la Douane et la SGS.

Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) relance le dossier des tracasseries dans le transport aérien de marchandises. Dans un communiqué publié le 6 octobre 2026, son directeur général, Auguste MBAPPE PENDA, annonce le lancement d’une enquête sur « les tracasseries et pratiques anormales dans la chaîne du passage aérien des marchandises en provenance et à destination du Cameroun ». L’opération, conduite par l’Observatoire des transports du CNCC, se déroule jusqu’au 31 octobre dans les zones de fret des aéroports internationaux de Douala et de Yaoundé-Nsimalen.

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L’organisme entend recueillir les difficultés rencontrées par les importateurs, exportateurs, transitaires, commissionnaires en douane agréés, compagnies aériennes et autres intervenants de la chaîne logistique. L’objectif est d’identifier les pratiques qui entravent les opérations et de proposer des mesures destinées à fluidifier le passage des marchandises. Le communiqué ne précise toutefois ni la nature des anomalies déjà signalées ni les opérateurs éventuellement concernés.

Des difficultés déjà relevées dans le fret aérien en 2025

Cette initiative intervient après une première concertation organisée le 18 mars 2025 à Douala par le CNCC. Les échanges avec la Direction générale des douanes, la Société générale de surveillance (SGS), DHL et une douzaine de chargeurs avaient alors mis en évidence trois difficultés dans la chaîne du fret aérien.

Les lenteurs dans la délivrance du Rapport sur la valeur et le classement tarifaire à l’importation (RVC), les retards dans le traitement des demandes de validation sans RVC et les conflits récurrents entre l’Administration des douanes et la SGS sur l’évaluation des marchandises.

À l’issue de cette rencontre, les participants avaient recommandé la création d’un canal vert pour accélérer le traitement des dossiers, l’établissement des déclarations d’importation avant l’arrivée des marchandises et une meilleure information des chargeurs sur les cas de colis postaux et de messagerie dispensés de RVC. Ils avaient également prévu d’évaluer ces recommandations dans un délai de trois mois et de mettre en place un cadre permanent de concertation.

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Le CNCC n’a pas encore publié de bilan permettant de vérifier le degré d’application de ces mesures. L’enquête d’octobre doit ainsi permettre de documenter les difficultés actuelles, sans qu’il soit établi à ce stade que les problèmes relevés en 2025 persistent dans les mêmes proportions.

Huit jours en moyenne pour le passage à l’importation

L’enjeu est aussi opérationnel. Selon la note de conjoncture  du CNCC, publiée en décembre 2025, le délai moyen de passage des marchandises importées dans les magasins aéroportuaires s’établissait à huit jours au deuxième trimestre 2025, contre 7,8 jours un an auparavant. Seules 27 % des cargaisons importées sortaient de l’aéroport en moins de deux jours, tandis que plus de la moitié nécessitaient plus de quatre jours.

À l’exportation, la situation était plus favorable : le délai moyen de passage s’élevait à 29 heures, contre 31 heures au deuxième trimestre 2024. Ces indicateurs mesurent les délais de passage dans les magasins aéroportuaires, et non l’intégralité du temps nécessaire à la livraison finale des marchandises.

Par Lionel Ndassi

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