Yves Roger MELINGUI (DG KPIZ) : « Nous prévoyons le grand aménagement de la Zone Industrielle Intégrée pour fin 2027 ou début 2028 »

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Yves Roger MELINGUI Directeur Général Kribi Port Industrial Zone

Monsieur le tout premier Directeur Général de la Kribi Port Industrial Zone (KPIZ), vous venez d’organiser, en collaboration avec le Port Autonome de Kribi, une rencontre d’échanges et d’informations destinée aux amodiataires. L’objectif était de donner des assurances sur l’avenir de leur partenariat avec KPIZ, désormais gestionnaire de la zone industrielle intégrée. Concrètement, qu’est-ce que vous allez changer ?

La Kribi Port Industrial Zone, en réalité, poursuit l’œuvre déjà entamée par le gouvernement du Cameroun à travers le port autonome de Kribi, la concrétise et va sans doute accélérer sa concrétisation, parce que c’est un véhicule que l’État du Cameroun, à travers le Port Autonome de Kribi (PAK). Ce véhicule a été mis en place avec des partenaires privés pour avoir un dispositif plus agile encore, plus performant et qui permette réellement de développer cette zone, de la promouvoir, de l’exploiter selon les standards internationaux en la matière. Donc en réalité, notre mission principale, c’est de concrétiser la vision du gouvernement et d’accélérer sa concrétisation.

A ce jour, combien d’entreprises peut-on déjà compter dans cette Zone industrielle que vous avez héritée ?

Effectivement, nous n’héritons pas d’une page blanche, puisqu’il y a aujourd’hui un peu plus de 80 entreprises qui constituent le portefeuille des titres d’occupation qui est transféré par le Port Autonome de Kribi à KPIZ. L’essentiel de ces entreprises évolue aujourd’hui dans le secteur de la logistique, mais nous avons déjà pour chacun des clusters principaux que nous entendons établir à Kribi, nous avons quand même déjà un représentant emblématique. Donc l’idée est de monter encore plus en puissance, d’attirer encore plus d’investisseurs industriels nationaux et internationaux à travers le développement selon les meilleurs standards de cette zone.

Qui peut s’installer à la zone industrielle de Kribi ?

La zone industrielle de Kribi a vocation à accueillir des investisseurs nationaux, déjà, pour commencer, des investisseurs internationaux, qu’ils soient africains, qu’ils soient asiatiques, moyen-orientaux, européens ou américains, il n’y a pas de restriction à la matière.

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Naturellement, il y a des filières qui sont privilégiées en termes d’installation, notamment tout ce qui est métallurgie, tout ce qui est hydrocarbures, tout ce qui est agroforesterie, transformation des matières premières agricoles, mais il n’y a pas de restriction particulière. C’est-à-dire que tout projet industriel porteur de valeur pour le pays, pour Kribi, pour son port, pour sa zone et pour le pays est bien entendu le bienvenu.

Est-ce que, après le transfert des compétences entre PAK et la KPIZ, on va reprendre à zéro ou les AOT et AET déjà signées vont simplement poursuivre comme cela a été prévu avant ?

Dans le cadre de cette réunion, il y a eu une classification qui a été établie, une classification de principes pour l’ensemble des dossiers. Comme on l’a dit, il y a des dossiers qui seront repris quasiment à l’identique, pour lesquels il y aura juste une évolution en termes de formes et de documents assignés avec de nouveaux signataires.

Il y a d’autres dossiers qui vont nécessiter des régularisations, soit documentaires ou techniques. Et éventuellement, une troisième catégorie de dossiers peut être plus complexe, une situation encore plus complexe malheureusement, de l’ordre éventuel du litige voire du contentieux, et donc qui prendra un petit peu plus de temps pour la reprise. Mais tout droit régulièrement constitué, valide et opposable sera repris par KPIZ.

Le rapport d’audit du cabinet Nyemb a relevé un certain nombre d’irrégularités ou d’imperfections, notamment au niveau du statut des entreprises, mais aussi des réformes à engager par le Port Autonome de Kribi, et, partant, par KPIZ. Doit-on s’attendre à une prise en compte in-extenso dans la mise en œuvre de KPIZ, ou comptez-vous faire une adaptation de ce qui a été présenté par ledit cabinet ?

Au-delà d’irrégularités, vous avez aussi parlé d’imperfections. Peut-être vais-je effectivement m’interdire sur ce terme d’imperfections, parce que la perfection n’est pas de ce monde. Après avoir travaillé pendant huit ans dans les conditions qu’on connaît au niveau de la gestion domaniale, forcément il peut y avoir d’ici de là des situations qu’il faudrait corriger et qui ne sont pas parfaites.

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L’idée ici, c’est dans le cadre de ce transfert, corriger les situations imparfaites, comme on l’a dit, mais peut-être aussi s’appuyer sur un certain nombre de constats et de retours d’expérience, parce que c’est un exercice finalement de retour d’expérience. S’appuyer sur ce retour d’expérience pour que dans la définition des prochains instruments, le cahier des charges par exemple d’occupation de la zone, la structure tarifaire, on vide un petit peu ces éléments-là de dispositifs porteurs, peut-être problématiques, ou porteurs de problèmes dans notre environnement.

Donc c’est vraiment un exercice d’amélioration continue. Le Port Autonome de Kribi met en place ce véhicule avec ses partenaires pour pouvoir porter cette amélioration continue de façon opérationnelle et en restant dans une position de supervision et de contrôle de la délégation formalisée.

D’accord, pour l’eau et l’électricité, le DG du PAK a annoncé fin 2026, début 2027, pour la mise en service de la ligne de 225 KVA et du poste de transformation à Mboro. L’eau également est en bonne voie. C’est confirmé que tout cela sera fait aujourd’hui ?

Si le directeur général du port autonome de Kribi vous donne des dates et que vous voulez les confirmer chez moi, vous imaginez bien que ça m’embarrasse un petit peu. Je pense que la voie la plus autorisée est celle du directeur général du port autonome de Kribi.

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Bien entendu, nous suivons en liaison avec le PAK l’évolution de ces différents chantiers et tout ce que l’on peut confirmer, c’est qu’effectivement, ils sont, comme on dit en anglo-saxon, « on track ». Vous avez vu le ministre de l’eau et de l’énergie qui est venu lui-même pour superviser tous ces chantiers et a lui-même aussi annoncé un certain nombre de choses en termes de livraison, de date d’atterrissage de ces chantiers. Quand les voies les plus autorisées s’expriment, qui sommes-nous pour remettre en cause leurs paroles ?

Pour KPIZ lui-même, le début des travaux, vous avez présenté un calendrier. Un bref rappel, monsieur le directeur général ?

KPIZ va travailler en deux temps parce qu’il y a le grand chantier, le vaste chantier d’aménagement pour lequel l’état du Cameroun a sollicité l’accompagnement de la Banque africaine de développement avec un bon financement qui est attendu et d’autres prêteurs, peut-être qu’on ne citera pas dans le détail.

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Mais avant ce grand aménagement que l’on envisage pour la fin 2027, voire le début 2028, il faut montrer aux amodiataires actuels qui sont présents et qui peut-être ont eu à essuyer certains plâtres, il faut leur montrer que leurs doléances sont bien écoutées et prises en compte et que rapidement on peut peut-être soulager un certain nombre de leurs complaintes. Donc c’est un bel programme d’investissement que nous allons essayer de lancer dans les mois à venir, nous l’espérons d’ici le début de l’année prochaine.

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