Cédric KETCHANGA, Directeur Administratif et Financier de Bestway Finance, a été décoré Chevalier de l’ordre et de la valeur. Celui qui fait partie des trois visages camerounais du consortium Bestway/AustSino, engagé dans plusieurs projets miniers, vient en effet de recevoir la reconnaissance du Chef de l’Etat pour son engagement dans ces œuvres déterminantes pour le Cameroun et la sous-région Afrique centrale.
Porté, sur les fonds baptismaux après la signature du MOU entre le consortium et l’Etat du Cameroun en juin 2021, le projet qui conduit à sa décoration a connu une avancée « record » en zone CEMAC.
Extraction minière à Mbalam
Reposant sur la transformation et l’extraction du fer sur les sites miniers d’Avima, Badondo et Nabeba, le projet intègre une composante sur la construction d’une ligne de chemin de fer de 600 km et la construction d’un port minéralier de 100 millions de tonnes de ces mines.
Six ans après la première signature, les résultats sur le terrain sont déjà visibles. Cameroon Mining Corporation (CMC), représentant local d’un ensemble d’Entreprises d’État chinoises développant la mine de fer Mbalam, a débuté l’extraction du minerai à Mbalam.
Le projet est conçu en deux grandes phases. Dans sa première phase (de 2025 à 2029), le projet consistera à l’exploitation de la mine. Selon l’entreprise, les volumes allant jusqu’à 10 millions de tonnes de minerai de fer par an seront transportés par route vers le Port Autonome de Kribi. Ici, ils seront chargées sur des navires de 70 000 à 150 000 tonnes, en attendant la mise en service complète des infrastructures ferroviaires et de la jetée dédiée de Lolabé.
Pour la deuxième phase (qui part de 2030 à 2050), CMC planifie la montée en puissance vers 25 millions de tonnes par an, grâce à la connexion ferroviaire au corridor Mbalam-Kribi. Ceci se fera dans le cadre d’un contrat Built Operate Transfer (BOT) obtenu par Bestway Finance Limited pour transporter jusqu’à 100 millions de tonnes par an depuis les gisements régionaux.
Dans l’arrondissement de Ngoyla (département du haut Nyong, région de l’Est-Cameroun), Cameroon Mining Company s’apprête mettre en œuvre ce qui se présente déjà comme un modèle d’innovation, de durabilité et de transformation économique dans l’industrie minière au Cameroun.
Cédric KETCHANGA
En sa qualité de Directeur Administratif et financier, Cédric KETCHANGA est resté très impliqué dans le montage financier du projet. Dans une interview accordée à BOUGNA en mars 2022, il donnait déjà les signes d’un modèle économique et financier bien ficelé.
« …ce projet ne requiert en aucun cas de l’endettement des deux Etats. Que ce soit du Congo ou du Cameroun. Nous ne demandons pas de garantie étatique. C’est un projet qui est financé de bout en bout par des entreprises privées, des acteurs privés. C’est pour cela que le cadre du contrat est un PPP BOT, avec des acteurs privés qui apportent près de 5 400 milliards de FCFA », avait-il expliqué.
A une partie de l’opinion qui doutait, à l’époque, de la capacité du consortium à mobiliser autant de capitaux, Cédric KETCHANGA se montrait déjà confiant et très lucide sur le montage financier du projet.
« Il fallait regrouper tous les permis en un. Cela offrait plus de possibilités de voir le projet se réaliser. Le ton donné par le Congo, en récupérant les trois permis de Avima, Badondo et Nabeba, (qui appartenaient à trois différentes sociétés), et les regrouper en un, nous permet aujourd’hui d’avoir une structuration du financement sur la base des offres techniques, avec de plus grosses aciéries chinoises. Notamment Bao Steel, qui consomme près d’1,2 milliard de tonnes par an. Aujourd’hui, ce que nous faisons, c’est d’engager 15 années de production en avance. Ce qui permet aux APC contractors chinoises, de venir dans le consortium structurer le financement tel qu’il est écrit », avait-il analysé.
Certes, avait-il reconnu « les montants indiqués ne sont pas les montants avec lesquels nous sommes familiers, étant donné que 10 milliards de dollars, c’est pratiquement le budget du Cameroun ».
Mais avait-il conclu, « cela est fait par des accords de « Off taking agreement ». Ça veut dire qu’on vend 15 années de production en avance. Cela permet aux APC Contractors chinoises de venir au sein du consortium, et à chacune de prendre des financements avec leurs acteurs financiers de part et d’autre. Ceci parce qu’il y a des garanties. Un seul permis ne pouvait pas servir de garantie ».
Paul BIYA
Cette implication dans le projet a sans doute motivé la décision du Chef de l’État de poser sa signature sur le dossier de décoration de Cédric KETCHANGA. Très attentif à l’évolution du projet, le Président de la République n’a pas manqué d’en parler dans son traditionnel message à la nation du 31 décembre 2022. Insistant sur l’impact qu’aura le projet sur le Cameroun.
« Les retombées attendues sont immenses, dans la mesure où notre pays bénéficiera, entre autres, d’une ligne de chemin de fer de 540 kilomètres entre Nabeba au Congo et le Port de Kribi, où sera édifié un terminal minéralier », avait-t-il déclaré.
Les retombées immenses dont parle Paul BIYA ne se limitent pas qu’à la ligne de chemin de fer. L’investissement de 9,3 milliards de dollars (soit environ 5 759 milliards de FCFA) prévu par le consortium sur les trois sites miniers devrait générer 20 000 emplois directs, avec des retombées fiscales, estimées à plusieurs milliards de dollars en tout sur la durée du projet.
Le consortium prévoit d’exporter 80 000 tonnes de fer via le port de Kribi d’ici mars 2026. En attendant le chemin de fer dont la construction est prévue, le minerai transitera par la route jusqu’en 2029, à l’aide de camions d’une charge nette de 75 tonnes à l’essieu.


































