Egis quitte le Cameroun et cinq autres filiales africaines, et cède la place à Infras une entité détenue par des dirigeants locaux

0
Egis

Le groupe français d’ingénierie Egis a annoncé la cession de six de ses filiales africaines -au Cameroun, à Madagascar (Inframad), au Sénégal, au Kenya, en Côte d’Ivoire et au Rwanda- à leurs équipes dirigeantes locales. L’opération, réalisée via un management buy-out (MBO), donne naissance à une nouvelle entité baptisée Infras, basée à Casablanca et regroupant plus de 500 collaborateurs.

Dans un communiqué, Egis présente cette cession comme une étape de réorientation de ses activités sur le continent. « Il s’agit d’une nouvelle phase pour Egis en Afrique. En affinant notre focus sur les grands projets, nous positionnons l’entreprise pour une croissance ciblée et forte », a déclaré Charlie Hodgson, directeur d’Egis pour l’Afrique et l’Europe.

A lire : Fermeture de filiales, licenciements, navigation à vue…pourquoi faut-il s’inquiéter du départ d’Egis

La nouvelle structure, conduite par Arnaud de Rugy (ancien DG d’Egis Afrique), aux côtés de Francis Ramiaramanana et des directeurs pays, reprend les activités locales sans rupture : les effectifs sont maintenus et les projets continuent sous la bannière Infras.

Part du Cameroun mais reste présent en Afrique

Malgré cette cession, Egis affirme rester actif dans 25 pays africains, principalement via des missions d’ingénierie, de gestion de projet et de conseil. Le groupe conserve aussi ses concessions de long terme. A savoir des concessions routières au Congo, en Zambie, en RDC et en Ouganda et des concessions et activités aéroportuaires en Côte d’Ivoire, au Congo-Brazzaville et à Zanzibar.

La nouvelle directrice Afrique, Laure Russier, pilotera une feuille de route axée sur les grands projets ferroviaires, portuaires, énergétiques et urbains, avec un renforcement des pôles au Maroc et en Afrique du Sud.

Au Cameroun, cette cession intervient dans un climat marqué par le contentieux du projet d’automatisation des 14 péages routiers. Egis, associé au groupe Fayat dans la coentreprise Tollcam Partenariat, avait signé en 2019 un partenariat public-privé pour moderniser le réseau de péages. Mais le 2 février 2024, l’État a suspendu unilatéralement le contrat.

Lire aussi : Péages routiers automatiques : Le Cameroun cède à la pression de Tollcam, et annonce son intention de rembourser les 30 Mds

Tollcam a saisi la Cour internationale d’arbitrage de Paris et réclame 30 milliards FCFA de compensation. La création d’Infras ouvre une nouvelle phase pour les activités d’ingénierie d’infrastructure au Cameroun. Reste à savoir si cette recomposition garantira la continuité des projets et préservera la dynamique d’investissement dans un secteur où les besoins de financement restent considérables, notamment pour les routes, les péages et les corridors logistiques.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here