François Eugène TETSIADHA (Pdt SYNETRACAM) : «Pourquoi nous avons levé notre mot d’ordre de grève»

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François Eugene TETSIADHA Synetracam. Crédit Photo: bougna.net

Dans cette interview, le Président du Synetracam, et figure de proue du mouvement de grève, revient sur les raisons qui ont conduit à la suspension du mot d’ordre de grève.

Samedi, tard dans la nuit, vous avez posé votre signature sur le communiqué final annonçant la suspension de votre mot d’ordre de grève générale illimitée émis pour ce lundi, 12 juillet 2021. Quels sont les raisons qui ont justifié votre acte ?

Le mot d’ordre de grève a été suspendu. Toutes les revendications ont été jugées fondées. Le gouvernement, qui s’est habitué à attendre toujours la dernière minute, a dû se rendre compte, au fil de notre développement, qu’il avait tort de ne pas nous avoir écoutés avant. Puisqu’effectivement, les problèmes que nous avons posés sont des problèmes qui peuvent être facilement résolus.

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A cours de la réunion avec le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale (MINTSS), nous avons rencontré quelques blocages. Le représentant du Ministre des Finances s’est dit dans l’incapacité de prendre une quelconque décision en rapport avec nos revendications. Nous avons donc arrêté la date du 13 juillet. Nous aurons en face le Ministre des Finances, et nous pourrons travailler à la recherche des solutions.

Mais il n’y avait aucune solution apportée à vos revendications. Pourquoi suspendre le mot d’ordre de grève ?

Nous ne pouvons pas dire que nous n’avons rien eu. La réunion a été renvoyée. Vous savez, selon la convention, selon les textes, quand vous émettez un préavis de grève, une fois que le dialogue est amorcé, le préavis s’estompe seul. Il n’y avait pas de raison que nous organisions notre mouvement de grève.

Nous sommes certains d’avoir des solutions à partir du 13. Nous avons établi tout un chronogramme qui va s’étendre sur un trimestre. Les points les plus importants feront l’objet des discussions à partir du 13.

C’est à la Mi-juin dernier que des syndicats Nationaux du secteur des Transports publics des voyageurs du Cameroun ont déposé ce préavis de grève générale illimitée. Pourquoi, selon vous, ce n’est que le 10 juillet, à deux jours de la date fatidique, que le gouvernement vous a prêté une oreille attentive ?

Au départ, nous n’avons reçu aucune réaction du gouvernement. En dehors de m’interpeller et les intimider par le biais des services de la police et de la gendarmerie camerounaise. Cette attitude du gouvernement ne nous a pas surpris.

Je rappelle que nos dénonciations dataient depuis le 05 janvier 2021, par correspondance au Premier Ministre, chef du Gouvernement. Tandis que celle adressée au MINFI déchargée en date du 19 janvier 2021 était portée disparue. Vous conviendrez avec moi qu’il s’agissait d’un silence complice du gouvernent qui consistait à enrichir les assureurs en paupérisant les pauvres transporteurs qui croisent le fer au quotidien avec le transport routier clandestin qu’il (le gouvernement) a refusé de combattre.

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Mais ce samedi, 10 juillet, nous avons tenu une réunion avec le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale en présence des représentants du Ministère des Finances et du Ministère des Transports.

Dans votre correspondance, vous avez porté cinq revendications. Pouvez-vous-nous repréciser les motifs de votre préavis de grève ?

Nous avons cinq revendications. La violation grave sur les fractionnements et les primes Cat.4A, de l’Arrêté 00380 /MINEFI/DCE/A du 10 Novembre 1994 fixant la prime des assurances du Pool TPV au Cameroun ; la non-application la loi 2015/013 du 16 juillet 2015, instituant le Fonds de garantie automobile au Cameroun (FODAC), selon l’article 600 du Code CIMA ; le refus catégorique d’assurer les mototaxis (cat.5B) ; le refus catégorique d’assurer les véhicules du secteur périurbain et rural, reconnu d’utilité publique par l’état du Cameroun sous la licence S4 ; et l’appel à la dissolution de la commission tripartite d’assurance TPV mise sur pied par Décision No 00000114/MINFI/SG/DGTCFM/DA du 01 Août 2011, modifiée et complétée par décision No 00000234/MINFI/SG/DGTCFM/DA par le Ministre des Finances.

Sur la non-application de la loi instituant le Fonds de garantie automobile au Cameroun, qu’est-ce que vous, Syndicats Nationaux du secteur des Transports publics des voyageurs du Cameroun, proposez ?

L’application urgente da la loi de ladite loi, car nos membres payent déjà le lourd tribu au vu de multiples sinistres non pris en compte par les assureurs parce qu’ayant fait des accidents avec les véhicules non assurés. Nous posons la question, si nous acceptons payer leur 66.000 CFA, quelle couverture aurons nous en cas d’accident avec une véhicule non assuré ?

Un autre point inscrit dans votre mot d’ordre de grève, nous intéresse. C’est celui du le refus d’assurer les moto-taxis; et le refus catégorique d’assurer les véhicules du secteur péri-urbain et rural. Pourquoi, selon vous, les assureurs refusent de le faire ? Quelles sont vos propositions ?

Les assureurs estiment qu’ils ne peuvent pas faire un commerce à perte, car selon eux mes motos taxis non seulement n’apportent pas grand-chose, mais font trop des accidents au quotidien. Pour le secteur périurbain aucune raison valable ne filtre. Nous proposons quatre choses. Si le gouvernement a jugé d’utilité publique ce secteur par une règlementation appropriée, ces camerounais ont dès lors le droits d’être assurés, du moins, pour ceux qui sont en règle vis-à-vis de ladite réglementation. A défaut de se faire assurer par les compagnies d’assurance, l’Etat du Cameroun se doit de créer une compagnie d’assurance pour ce secteur tant esquivé par les assureurs. Car, il ne suffit pas de reconnaitre un secteur d’activités, mais il faut permettre aux acteurs de ce secteur d’œuvrer sans plonger dans la clandestinité ou de se constituer permanemment en danger public. Nous proposons au même titre que le secteur des mototaxis, que le secteur périurbain reconnu par l’Etat sous la licence S4, entre aussi en possession de sa catégorie d’assurance, car jusqu’aujourd’hui, les transporteurs du secteur périurbain payent toujours l’assurance de catégorie de l’interurbain.

Sur les autres points ? Quelles sont vos propositions ?

Nous proposons en ce qui concerne les taxis de ville (cat 4A), qu’au lieu de passer en force pour nous imposer 66.000 F.CFA/03 mois, que le fractionnement et la prime d’assurance résultent d’un consensus entre l’assuré et son assureur jusqu’à l’abrogation l’Arrêté 00380 /MINEFI/DCE/A du 10 Novembre 1994 fixant la prime des assurances du pool TPV au Cameroun. Nous proposons la dissolution de la commission tripartite, qui est aujourd’hui le pire des malheurs jamais rencontré par les transporteurs TPV au Cameroun.

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