Accidents de la circulation : Le cas du Cameroun inquiète la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique

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Après le rapport sur la sécurité routière présenté au Cameroun par Jean Todt (en 2016), c’est au tour de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) de rappeler le seuil d’alerte élevé.

Dans un rapport rendu public ce 06 mai 2019 à Addis Abeba (Ethiopie), l’institution onusienne africaine apprend que chaque année, en moyenne 16 583 accidents de la route sont enregistrés. Ce qui cause le décès de 1 500.

Des chiffres qui placent le Cameroun dans la liste noire des pays les plus accidentogènes du continent. En effet, ajoute la CEA, le risque de mortalité routière dans le pays est estimé à 26,7 personnes pour 100 000 habitants, ce qui est supérieur à celui des pays voisins de l’Afrique de l’Ouest.

Pendant son séjour au Cameroun il y a deux semaines, Vera Songwe, la Secrétaire exécutive de la CEA n’a pas été victime d’accident de la circulation. Elle n’a pas non plus été témoin de l’accident de la circulation qui a conduit à la suspension de Transcam.

Mais la camerounaise n’a pas manqué de réagir à ce rapport. « Il est inacceptable que le risque de décès par accident de la route en Afrique atteigne 26,6 % sur 100 000, contre 17,0 % en Asie du Sud-Est et 9,3 % en Europe », a-t-elle déclaré. Avant d’ajouter que « la situation en Ouganda et au Cameroun est le reflet de celle de l’ensemble du continent », partie du monde où les pays enregistrent de « piètres performances en matière de gestion de la sécurité routière ».

Par rapport aux chiffres rendus publics en août 2018 par Jean Todt, l’étude de la CEA ne se démarque pas beaucoup. En effet, l’Onu dans son rapport, estimait à entre 1 000 et 2 000 le nombre de décès enregistrés chaque année sur les routes.

L’écart se creuse cependant au niveau des pertes liées aux accidents de la circulation. En effet, avait noté l’Onu, le Cameroun perd chaque année environ 100 milliards de francs CFA par an. Ce qui représente 1% du PIB.

« en termes de réinvestissement perdu, l’équivalent d’environ 10  000  salles de classe équipées (construites en deux salles jumelées) d’un coût moyen de 20  millions de  FCFA par an pour couvrir l’essentiel des besoins du pays en salles de classe en deux ans », avait notamment révélé l’Onu.

Ces pertes représentent aussi plus de 250 kilomètres de routes bitumées construites avec un budget moyen de 40  milliards de FCFA par lots de 100 kilomètres ; la construction de huit hôpitaux de référence dotés d’un investissement moyen de 12,5 milliards tous les ans pour l’équipement. De quoi doter toutes les régions du pays en hôpitaux de référence en deux ans, conclut l’étude.

 

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