De mémoire de journaliste, c’est probablement la première fois qu’un Directeur Général des Douanes organise une visite officielle dans les sites d’exploitation minière de la région de l’Est. Dans cette partie du pays, riche en ressources minières, l’administration des Douanes a, depuis, flairé une nouvelle niche fiscale.
Depuis 2024 en effet, l’administration des douanes a revu à la hausse ses prévisions de collecte des recettes. De 1079,6 milliards de FCFA (budget inscrit dans le cadre de la Loi de Finances 2024), les prévisions de recettes étaient passée à 1095,6 milliards de FCFA. Soit une hausse de 16 milliards de FCFA encouragée par « la collecte accrue des droits et taxes sur l’or et le diamant, en collaboration avec la SONAMINES (Société nationale des Mines Ndlr) », avait appris bougna.net.
« La visite de travail de Monsieur FONGOD Edwin NUVAGA vise à remercier les acteurs de la collecte des recettes minières, pour le travail abattu depuis la mise en œuvre de l’article dixième de la Loi de Finances de l’exercice 2023. Il a visité des sites d’exploitation et un bureau de vente de l’or à Bertoua et Batouri », a expliqué la Direction Générale des Douanes dans un document parvenu à notre rédaction.
Une niche en or…
Ce regain d’intérêt pour le secteur minier n’est pas fortuit. Selon le Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt), la contribution du secteur minier (hors pétrole) dans le PIB reste encore marginale (moins de 1%). Dans sa vision de long terme (2035), le Cameroun entend accéder au rang de pays émergent doté d’un secteur industriel et minier fort.
L’année 2025 pourrait être déterminante dans l’ouverture de la voie vers cette niche d’or. Dans son message à la Nation du 31 décembre 2024, Paul BIYA soulignait déjà « des perspectives porteuses d’espoir dans le développement du riche potentiel dont nous disposons dans le secteur minier ». Parmi ces perspectives, le Président de la République citait notamment « le démarrage imminent de l’exploitation des gisements de fer de Kribi-Lobe, Bipindi-Grand Zambi et Mbalam-Nabeba. C’est aussi le cas de la bauxite de Minim-Martap, dont la convention d’exploitation a été signée au mois de juillet dernier ».
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« je suis persuadé par ailleurs que la maîtrise des circuits de commercialisation de nos minerais, va accroître le volume des ressources financières nécessaires à la réalisation de nos projets de développement », concluait-il.
Plan minier douanier
Pendant son séjour (48 heures) dans la région du soleil levant, FONGOD Edwin NUVAGA ne fera pas que remercier ces « nouveaux » contributeurs aux recettes douanières. Il va surtout promouvoir le Plan minier douanier.
« La séance de travail avec les exploitants miniers, ainsi que celle avec les responsables du Ministère des Mines et de la SONAMINES, vont déboucher certainement sur des engagements communs et individuels visant à renforcer la transparence dans le secteur minier. Pour la Direction Générale des Douanes, le partenariat avec les acteurs miniers devra induire une maîtrise de la carte minière, un accroissement des recettes sur les ressources minières, une amélioration des statistiques sur l’exploitation minière, une identification des exploitations et des gestionnaires des mines, une lutte plus efficace contre les trafics illicites sur l’or, une riposte contre le blanchiment des capitaux et le financement des activités criminelles transfrontalières », explique la DGD.
« La collaboration est mise en valeur. Elle a été mise en forme lors des audiences accordées à Monsieur le Directeur Général des Douanes par Monsieur le Gouverneur de la Région de l’Est, Messieurs les Préfets des Départements de la Kadey à Batouri et du Lom-et-Djérem à Bertoua. Les autorités administratives sont prêtes à apporter toute leur collaboration pour la réussite dudit plan minier des douanes », conclut la Douane.
Accorder « une attention particulière sur les produits miniers », le patron de la Douane camerounaise l’avait déjà annoncé dans son discours d’ouverture de la Journée Internationale de la Douane. Il concrétise donc là la promesse faite début janvier.
En pouvait-il être autrement ? En 2024, l’administration a franchi, pour la deuxième année consécutive, la barre symbolique des 1 000 milliards de FCFA. Avec une mobilisation des recettes budgétaires de 1 055,9 milliards. Soit un taux de réalisation de 96,5% par rapport à l’objectif ambitieux de 1094,9 milliards FCFA. Une enveloppe qui devrait se densifier en 2025, si elle réussit, comme par le passé, à dépasser les prévisions, fixées à 1 144 milliards de FCFA