Gérard AYIMBA : « Afriland First Bank garde 52% de parts de marché sur leasing au Cameroun »

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Gérard AYIMBA Directeur Leasing et financements spécialisés chez Afriland First Bank Cameroun

Directeur Leasing et financements spécialisés chez Afriland First Bank Cameroun, Gérard AYIMBA a été l’artificier d’une convention de partenariat qui lie désormais le géant camerounais de la finance au puissant Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun (GTTC). Approché par BOUGNA, il fait une analyse de la progression du marché du leasing au Cameroun, et explique pourquoi Afriland First Bank reste leader dans ce segment.

Il y a quelques jours, Afriland First Bank Cameroun a signé une convention de partenariat avec le Groupement des Transporteurs Terrestres du Cameroun (GTTC). En quoi consiste cette convention ?

Globalement, l’idée derrière c’est d’accompagner le développement de notre pays. Nous avons constaté que cela se fait par le financement dans les secteurs sensibles comme celui du transport. C’est la raison pour laquelle nous accompagnons les transporteurs. Il est simplement question dans cette convention de partenariat d’essayer d’apporter des facilités à tous les financements pour le compte des transporteurs, et notamment des membres adhérents du GTTC.

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Ils auront un traitement privilégié en termes de durée de financement, en termes de taux d’intérêt, etc. Nous allons nous mettre ensemble pour pouvoir développer davantage le secteur dans le financement par leasing et en même temps les transports.

A combien avez-vous fixé les taux d’intérêt avec le GTTC ? A Ngaoundéré, le taux de 15% avait été avancé. Ce montant est-il celui inscrit dans la convention de partenariat ?

Je l’ai toujours dit, les taux d’intérêt sont négociables. Vous convenez avec moi que je ne peux pas vous dire de façon ouverte les taux qui ont été arrêtés. Tout ce que je peux vous dire c’est que ce sont des taux largement préférentiels et qui défient tous les taux de la concurrence à ce jour.

Cette convention survient dans un contexte stratégique. On note un regain d’intérêt des concessionnaires automobiles pour le GTTC. Notamment ceux du segment des camions et des engins de BTP. Longstar, Tractafric, Cami…ont mené des opérations de charme à l’endroit de ce groupement. Ceci, au moment où le GTTC met en œuvre un vaste programme de renouvellement de son parc automobile. Comment Afriland First Bank se positionne-t-elle dans cette émulation ?

Nous, en tant que financiers, nous avons une place stratégique et de choix. Sans le financement que nous offrons, les transporteurs ne peuvent pas acquérir des équipements neufs. Derrière ce financement, nous permettons aussi aux concessionnaires de mettre à la disposition de nos clients communs des équipements neufs.

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Comme vous pouvez le voir, nous avons compris que après la phase que vous avez évoquée, après la crise COVID, après la crise russo-ukrainienne et tout ce que cela a entraîné, l’économie essaie de se relever. Nous nous positionnons donc au centre pour pouvoir, d’un côté, procéder au financement des transporteurs, et de l’autre côté, acheter des camions auprès de ces différents concessionnaires.

Selon nos informations, avant la signature de cette convention, beaucoup d’engins, acquis sous leasing par des membres du GTTC, avaient été récupérés par Afriland First Bank. Tout simplement parce que ces membres ne respectaient plus les échéances de remboursement. Cette convention a-t-elle trouvé une solution à ce problème ?

Effectivement. C’est un point central de notre accord. Avant même l’officialisation, nous travaillions déjà ensemble. L’idée était d’expurger ou de conscientiser les transporteurs qui ne voulaient pas comprendre que lorsque la banque met à leur disposition des équipements, ces équipements ont été achetés avec l’épargne publique.

Heureusement, le GTTC nous a tenu la main, nous avons pu, pour certains, restructurer leurs engagements. Pour d’autres, qui étaient totalement défaillants, nous avons pu récupérer les équipements. Mais nous allons plus loin. Le GTTC constitue pour nous un élément central pour le développement du marché secondaire. C’est encore à d’autres membres que nous pouvons revendre ces équipements.

Pour aller encore plus loin, lorsqu’on devient défaillant, l’idée n’est pas de disparaître. L’idée c’est de venir sur la table de négociation, pour que tous ensembles, nous trouvions des voies de sortie. Le banquier est là pour vous accompagner financièrement, il est aussi là pour vous conseiller.

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Et notre partenariat vise aussi cela. Rassembler tous ceux qui ont des difficultés de paiement pour trouver des voies de sortie.

Nos chiffres estiment à 100 camions le nombre d’engins retenus pour non-paiement des traites. Est-ce le même chiffre que vous avez ?

Non, pas 100. Nous n’avons jamais évoqué de chiffre. Mais ce n’était pas autant.

Quelle est la position de Afriland First Bank dans le marché du leasing au Cameroun ?

Nous avons fini avec environ 72 milliards de FCFA et 52% de part de marché. En fin janvier 2023, nous étions déjà à 76 milliards de FCFA. Vous pouvez vous-mêmes voir le gap qui est franchi en termes d’encours leasing. D’où notre position de leader. Notre ambition c’est d’y rester.

Quelle est la part de chaque segment dans cet encours ?

Globalement, on ne peut pas donner les chiffres tel que vous le souhaitez. Mais ce que je peux vous dire c’est que dans le marché du leasing camerounais, ce qu’on appelle leasing traditionnel est prédominant. Quand je parle de leasing traditionnel, j’entends par là les équipements roulants. Je vous fais une confidence. Pendant que nos concurrents sont focalisés dans le leasing traditionnel, Afriland a déjà diversifié son portefeuille leasing. Nous avons presque 25 à 30% de notre encours qui porte sur d’autres financements. Equipements médicaux, équipements productifs, etc.

Et nous l’avons dit, dans le secteur du transport seulement, en fin décembre, nous étions à 35% de notre encours. Quand nous parlons de transport, nous ne parlons pas uniquement des équipements roulants. Il y a d’autres équipements roulants qui n’entrent pas dans le cadre du transport de marchandises. Il y a des particuliers qui font l’acquisition de véhicules à usage personnel. Pour conclure, si on veut parler d’équipements roulants, nous serons à plus de 35%.

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