Cameroun-Autoroute Yaoundé-Douala : Comment l’Etat va utiliser les 60 premiers kilomètres

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Véhicule sur l'autoroute Yaoundé-Douala. Crédit Photo: bougna.net

Il est un peu plus de sept heures. Nkolnkoumou, petit village situé après le lieu-dit « Usine des eaux » de Nkolbisson, retrouve le calme d’il y a plusieurs années. Avec la construction de la base-vie du chantier de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala, les populations riveraines semblaient avoir appris à vivre avec les brouhahas des moteurs d’engins, les va-et-vient des véhicules, et les mouvements des ouvriers. Mais depuis quelques mois, les chants des colibris se font à nouveau entendre. Coronavirus, me direz-vous ? Oui, confirme le chef de projet de la China First Higway engineering company (CFHEC), l’entreprise chinoise chargée de construire les premiers 60 kilomètres qui composent la phase 1 du projet.

En effet, apprend-on, depuis la découverte du premier cas au Cameroun, et la mise en application des mesures gouvernementales de restriction, le nombre d’ouvriers a été réduit de plus de 60%. Les entrées sont strictement contrôlées, et pour certaines, il faut justifier d’une invitation.

Mais il n’y a pas que l’épidémie. Rendus au 17 avril 2020, les travaux ont largement progressé. Sur les 60 kilomètres, 40 sont déjà achevés. Désormais, c’est aux populations des villages situés du PK40 au PK60 de subir les bruits et les mouvements.

Mise en service

Ce vendredi matin, le calme retrouvé à Nkolnkoumou est à nouveau ébranlé par des bruits de véhicules. C’est le cortège du Ministre des Travaux Publics. Le Maître d’Ouvrage de l’Etat vient sur le chantier toucher du doigt l’évolution des travaux. Et surtout, anticiper sur l’utilité qui pourrait être faite de cette infrastructure dès sa livraison d’ici décembre 2020.

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Selon les explications obtenues par bougna.net, il est envisagé, avant même la fin des travaux, d’ouvrir des voies de raccordement à Yaoundé sur environ 13 km, et à Boumnyebel (sur la Route Nationale N°3) à partir de Bibodi sur environ 12 kilomètres. Soit près de 26 kilomètres de voies de raccordement. « L’Etat voudrait mettre cette partie en servie le plus tôt possible. Les études de la phase 2, et les mécanismes de financement sont aussi en train d’être lancés en mode PPP avec une autre structure », explique une source généralement bien introduite à la Direction générale des Etudes techniques (DGET). Elle ajoute que « Le Premier Ministre a déjà donné son accord pour le choix d’une entreprise qui va finaliser les études de raccordement, la mise en service, la maintenance et l’exploitation. Ce sont des échanges qui sont en cours actuellement ».

Gain de Temps

Une fois achevées, les deux voies de raccordement et l’autoroute devront permettre un gain de temps important pour les usagers. Actuellement, pour rallier Yaoundé à Boumnyebel, il faut environ deux heures. On ferait au maximum 1h15 ou 1h20 en passant par l’autoroute Yaoundé-Douala. Soit environ une quarantaine de minutes. Mais le temps ne sera pas le seul avantage de l’autoroute. Au Ministère des Travaux Publics (MINTP), on salue l’avantage en termes de sécurité et de confort des transports.

Mais rouler sur l’autoroute ne sera pas gratuit. Dès sa mise en service, l’entreprise en charge de l’exploitation installera un poste de péage routier. « A date, on ne connaît pas encore le prix qui sera exigé », explique-t-on à la DGET.

Les populations riveraines

Toutes les autoroutes du monde sont payantes. Il y a des voies de raccordement, des voies alternatives. Il y a des voies qui existaient avant, que nous allons maintenir. Il y a des passagers supérieurs et des passages inférieurs qui sont faits pour être construits.

« Il y a quelques mois, le ministre des Travaux Publics avait demandé de faire des passerelles piétonnes. Ce qui n’a pas été pensé. Puisque les piétons qui vont dans les champs doivent passer. Ce qu’on va simplement faire, c’est de maintenir les voies qui existaient avant. Soit par des passages supérieurs, soit par des passages inférieurs », avance un responsable de CFHEC joint par bougna.net.

Cette fois aussi, pour éviter des surcoûts liés aux déguerpissements, les voies alternatives seront construites sur le tracé actuel.

 

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