Cameroun : Malgré le choix d’ICTSI, KPMO ne compte pas lever l’ancre sur le Terminal Polyvalent

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Terminal Polyvalent. Crédit Photo: cameroon-report.com

Malgré la sélection du consortium philippin ICTSI, pour la gestion de la concession sur le Terminal polyvalent du PAK, Kribi Polyvalent Multiple Operators (KPMO) ne compte pas y lever son ancre. Le consortium camerounais, qui assure la gestion en régie depuis le dépôt de bilan de NECOTRANS, souhaite rester sur la place portuaire.

Ce mercredi, 21 août 2019, une délégation du consortium camerounais a été reçue en audience par Joseph Dion Ngute, le Premier ministre. Objectif : « demander au Chef de gouvernement ce qu’il nous réserve par rapport à ce port. Nous ne voulons pas être considérés comme investisseurs, mais nous voulons prendre part à la gestion des ports camerounais », a notamment réagi Gabriel Manimben, membre de KPMO, et Directeur Général de l’Agence de Prestations maritimes (APM).

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Au cours de la rencontre de la Primature, les neuf membres de KPMO ont fait des propositions susceptibles de faire peser leur dossier dans leur tentative de garder le gouvernail sur le Terminal Polyvalent du Port autonome de Kribi.

Propositions

Par exemple, a appris bougna.net, KPMO suggère que la « Gestion du Terminal polyvalent (passe Ndlr.) en concession directe de gré à gré; qu’on procède à la reconduction du droit acquis dans l’adjudication initiale du Terminal polyvalent avec NECOTRANS, et qu’on concède le Terminal polyvalent à KPMO sur le quai existant et l’adjudicataire provisoire sur les quais à venir ».

Une proposition qui s’accompagne d’un plan d’investissement d’environ 5 milliards de FCFA. Dont « 700 millions de FCFA pour l’acquisition de 2 bandes transporteuses ; 1,5 milliards pour l’achat de 6 pelles chargeuses 966 ; 1 milliard pour l’acquisition de 10 camions bennes de plus de 60 tonnes ; et 2 milliards pour la construction de magasins et entrepôts pour le General Cargo », pour ne citer que ces investissements-là.

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Ce n’est pas tout. Le groupe des neuf aconiers et transitaires a évoqué l’acquisition de 150 camions spéciaux pour le transport du minerai de fer du CAMEROUN et du CONGO au port de Kribi évalués à 15 milliards de FCFA, la construction de parcs-autos sous douane sur le modèle de Cotonou et amener les navires rouliers au port de Kribi pour 4 milliards.

Mais il n’était pas uniquement question d’argent au cours de cette audience. Les dossiers portant sur la création de ports secs (Edéa) pour les marchandises destinées à l’Hinterland ; et la construction d’un terminal minéralier avec 2 postes à quai dans l’hypothèse de la confirmation de l’exploitation des mines du Cameroun et du Congo ont également été évoqués.

L’avis du PAK

Au Port autonome de Kribi, ces propositions ne sont pas totalement étrangères. Mais sur certains points, elles tranchent net avec ce qui est actuellement mis en œuvre. Notamment au niveau de la gestion du Terminal Polyvalent que KPMO souhaite garder, et remettre à plus tard, la concession actuellement attribuée (provisoirement) au consortium philippin ICTSI.

Dans une interview accordée à bougna.net en juillet dernier, Patrice Melom, le Directeur général du PAK, garantissait une participation « des camerounais » dans la concession sur le Terminal Polyvalent.

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« Nous avons créé les conditions pour que les camerounais soient impliqués. Déjà, dans le capital de la société qui va exploiter le terminal. Nous avons, dans les DAO, inscrit, exigé que soit réservé 25% du capital aux camerounais. Donc ça peut être des privés, ça peut être KPMO en partie, mais ça doit être des capitaux camerounais », avait révélé Patrice Melom.

« Nous sommes même allés au-delà. Nous avons donné une préférence au portuaire. L’adjudicataire doit savoir non seulement qu’il doit réserver 25% à des nationaux, mais qu’il y a une préférence pour des portuaire. Mais il faut que ceux-ci s’y intéressent, et remplissent des conditions », avait-il ajouté.

Pour le cas particulier de KPMO, le Directeur général du PAK avait été clair. « KPMO a l’avantage d’être le sous-traitant que nous avons choisi sur le Terminal Polyvalent. Si l’adjudicataire (provisoire) estime qu’il a besoin de cette expertise-là, ils (KPMO) doivent pouvoir la vendre. Peut-être continuer à travailler dans une forme de sous-traitance ou d’autre chose. Mais c’est à eux d’aller cette fois-là vers l’adjudicataire. Ce n’est pas au gouvernement, ce n’est pas au Port d’imposer », avait-il déclaré.

Stratégie

Le plaidoyer de l’Immeuble Etoile à ce moment précis de l’année n’est pas fortuit. En effet, les membres de KPMO rencontrent Joseph Dion Ngute au moment où se tiennent les concertations entre le PAK et les représentants de l’adjudicataire provisoire ICTSI.

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Des sources généralement bien informées jointes par bougna.net affirment que ces concertations ont débuté le 25 juillet dernier. « Généralement, les deux parties prennent une retraite de trois jours où ils ne font que ça. Discuter matin et soir sur les contours de la convention. Lors de la dernière concession, ça a demandé plusieurs retraites, avant qu’on finisse par s’accorder », avait alors expliqué Patrice Melom.

Entre le début des concertations et la signature du contrat, il devrait s’écouler deux à trois mois. Un moment précieux que KPMO va exploiter pour garder la main sur le Terminal Polyvalent du Port autonome de Kribi.

Ce n’est qu’à la suite de cela que pourrait être signé le contrat. « Le délai dure généralement entre deux et trois mois. C’est comme ça qu’on peut prévoir le début du démarrage des activités. Fin 2019 ou début 2020 serait une ambition. Mais il faut qu’on se donne les moyens de l’atteindre », avait conclu Patrice Melom.

Frégist Bertrand Tchouta

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